Chino Moreno du groupe Deftones en concert en 2025 ©Visactu - Paulo Pinho
Publicité

Ce soir, je vous propose de plonger dans la musique d’un seul et unique groupe. Certains parmi vous savent peut-être tout de lui, d’autres n’en ont jamais entendu parler. Il est unique en son genre et ça valait bien un concert idéal.

« Digital Bath », un titre qui remonte à l’année 2000, signé par un groupe nord-américain qui a pour nom Deftones. Extrait d’un album qui s’appelle White Pony, que je me rappelle avoir acheté à l’époque sur la foi d’une critique parue dans Libération. Signée par le légendaire Nick Kent, qui a longtemps été un phare pour moi. C’est grâce à lui que j’ai découvert quel génie était Brian Wilson au sein des Beach Boys. Je ne sais pas si la formule est de lui, mais elle a commencé à circuler dans ces années-là au sujet des Deftones : le Radiohead du metal.

Publicité

C’est vrai, comme vous avez pu vous en rendre compte dans le titre qu’on vient d’entendre, le chanteur Chino Moreno pouvait passer d’une espèce de râle faussement calme, suintant le mal-être, à une sorte de cri désespéré. Comme Thom Yorke au sein de Radiohead, dans les années 90, quand c’était encore un groupe de rock au plein sens du terme. Alors j’ai tenu à consacrer une émission complète aux Deftones pour plusieurs raisons. Le groupe vient de publier un nouvel album, private music, c’est son premier depuis cinq ans et c’est un événement pour toute une communauté qui le suit depuis longtemps.

Pour voir ce contenu, acceptez les cookies.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.
Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Les Deftones existent depuis plus de trente ans. Révélés à un large public en 1997, grâce à un album qui s’appelle Around the Fur, on en entendra un extrait tout à l’heure, ils ont connu un succès constant dans les années 2000. Auprès des amateurs de metal, essentiellement. Puisque, au tournant des années 90 et 2000, on les a associés à un mouvement qui connaissait alors son apogée, le nu metal ou néo-metal, qu’incarnaient des groupes immensément populaures comme Korn, Limp Bizkit ou Papa Roach. Des groupes qui, à l’image de Rage Against the Machine, fusionnaient le rock tendance metal, funk à la scansion du rap et aux nouveaux sons du hip-hop. Enfin, à la différence de Rage Against the Machine, ces groupes mettaient en scène des chanteurs rappeurs en colère non pas contre la politique des États-Unis mais contre eux-mêmes, contre la vie en général.

C’était un peu la suite du mouvement grunge. Une sorte de malaise existentiel dans lequel toute une génération d’adolescents, surtout des garçons, se sont reconnus. Les enfants des boomers, en somme. Qui ont souvent grandi au sein de familles déchirées. Le point commun entre le chanteur et parolier des Deftones, le Californien Chino Moreno, et les chanteurs rappeurs-hurleurs de Korn et Limp Bizkit, Jonathan Davis et Fred Durst, c’est une enfance difficile dans une famille déchirée. Chino Moreno ne parle jamais de son père, on ne trouve aucune information à ce sujet sur le Net. C’est un sujet apparemment tabou et très sombre. J’ai trouvé sur un site une allusion au fait que son père, emprisonné, se serait rendu coupable de viol sur son propre fils, mais j’ignore si c’est exact.

Pour voir ce contenu, acceptez les cookies.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.
Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Ce qui est certain, c’est que Chino Moreno, par ailleurs élevé par une mère très aimante, dont il aime parler, comme de ses frères et sœurs, ne mentionne jamais son père. Bon, je ne suis pas là pour explorer les méandres familiaux du chanteur des Deftones dont la plupart d’entre vous ne connaissent pas du tout, pas encore, la musique, alors sans plus attendre je vais vous faire écouter deux titres d’eux. En 1995, ça a commencé comme ça. Un titre qui s’appelle « Bored », comme quelqu’un qui s’ennuie, le premier titre du premier album qu’ont signé les Deftones, intitulé Adrenaline.

Pour en savoir plus, écoutez l'émission...

Playlist :

Deftones

  • « Digital Bath » album « White Pony »
  • « Bored » album « Adrenaline »
  • « My Own Summer (Shove It) » album « Around the Fur »
  • « Knife Prty » album « White Pony »
  • « Teenager » album « White Pony »
  • « Change (In the House of Flies) » album « White Pony »
  • « Be Quiet and Drive (Far Away) - Acoustic » album « B-Sides & Rarities »
  • « Change (In the House of Flies) - Acoustic » album « B-Sides & Rarities »
  • « Pink Maggit » album « White Pony »

L'équipe

  • Écrivain, journaliste et critique rock
  • Vincent Godard
    Réalisation et mise en onde
pixel