Ce soir, suite de la série consacrée à un grand absent, qui nous a quittés il y a dix ans tout juste. Michka Assayas éclaire dans cette émission un sommet de son œuvre, pas le plus connu, loin de là, mais qui méritait vraiment, trente ans après, d’être remis en lumière.
« I’m Deranged », c’était David Bowie, bien sûr, il y a trente ans, en 1995. Je me rappelle le choc que j’ai éprouvé quand j’ai entendu cette chanson pour la première fois, deux ans plus tard. C’était dans la BO du film de David Lynch Lost Highway, une BO sombre et insidieusement angoissante, bien dans sa manière. Dans laquelle on entendait aussi des groupes de rock et d’électro-rock dit industriel, comme Nine Inch Nails, Marilyn Manson et l’Allemand Rammstein. C’était étrange de retrouver Bowie dans ce contexte, cela dit, Lynch a toujours eu le don de juxtaposer des musiques sans lien apparent et ces combinaisons avaient quelque chose de visionnaire. En tout cas cette chanson m’a alors totalement pris par surprise. Pourquoi ? C’est une longue histoire. Trop de chansons signées Bowie, diffusées dans les années 80, me semblaient banales, sans grande personnalité. Durant cette période, Bowie était devenu un personnage presque ordinaire, un chanteur populaire chic et bronzé, cool et funky, tiré à quatre épingles, qui ne surprenait plus. Un comble pour lui qui naguère avait provoqué, expérimenté et même déconcerté. Il faisait désormais partie du décor. Il en souffrait. « Ma plus grande erreur, dans les années quatre-vingt, dirait un jour David Bowie, a été d’anticiper ce que je croyais être les désirs du public. Je me détestais. »
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C’est dans ce contexte qu’il a pris une décision d’une rare audace pour un musicien de son statut. Il aurait pu, comme il l’a dit, je le cite, « choisir la réclusion, se consacrer à l’art visuel, peindre, sculpter ». Il avait alors quarante ans et des poussières. Oui, il aurait pu se retirer, en somme, et vivre des royalties de ses tubes. Beaucoup l’auraient fait s’ils l’avaient pu. Or il a pris une tout autre direction. Très surprenante. Il a décidé, façon de parler, de ne plus être David Bowie. De repartir à zéro. De renaître en tant que simple chanteur d’un groupe, comme s’il avait dix-huit ans. Il s’est fondu au sein d’un groupe du nom de Tin Machine, au son grunge et industriel. Dont les concerts étaient annoncés sans que le nom même de Bowie apparaisse. Ça n’a pas trop marché. Une bonne partie de ceux qui attendaient « Let’s Dance » ou encore « Ashes to Ashes » quittaient ses concerts déconcertés, les tympans martyrisés. Mais Bowie était à nouveau dans le mouvement et l’énergie. Le désir d’autre chose. Après avoir retrouvé Nile Rodgers, l’homme du groupe Chic, l’architecte de la chanson « Let’s Dance » et de l’album du même nom, pour un album de style jazz-funk qui s’appelle Black Tie White Noise, sorti en 1993 et un peu oublié aujourd’hui, il a choisi d’ouvrir une nouvelle voie. De partir vers un autre but. Très surprenant, je vous raconterai tout de suite pourquoi et comment.
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Pour en savoir plus, écoutez l'émission...
À écouter
Playlist :
David Bowie
- « I’m Deranged - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « Leon Takes Us Outside - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « Outside - 2021 Remaster »
- « Hallo Spaceboy - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « Not Control - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « The Voyeur of Utter Destruction (As Beauty) - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « We Prick You » album « 1. Outside »
- « Segue - Nathan Adler Pt. 1 - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « Thru’ These Architects Eyes - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « Segue - Nathan Adler Pt. 2 - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
- « Strangers When We Meet - 2021 Remaster » album « 1. Outside »
À écouter
L'équipe
- Écrivain, journaliste et critique rock
- Vincent GodardRéalisation et mise en onde



