Quatrième partie de Very Good Trip consacrée aux oubliés de 2025. Au programme : Blood Orange, Unknown Mortal Orchestra, les Sparks ou encore la formation culte de Laetitia Sadier, Stereolab.
« Drowned in a Sea of Tears », noyée dans une mer de larmes, c’était le style inimitable du duo californien Sparks. Un thème que le chanteur et parolier Russell Mael a déjà abordé. Une jeune femme belle, brillante, elle aimante tous les regards mais elle dissimule une fêlure. Une blessure secrète. Son compagnon l’emmène en voyage, le couple part faire du VTT sous la pluie en Espagne, ça peut être l’idée du bonheur pour certains. Bref, c’est le grand amour, l’extase, mais voilà, le gars la trouve , je cite, noyée dans une mer de larmes. Et il veut l’aider, il veut la soutenir, cependant c’est impossible, ses terreurs sont trop fortes et leur source reste inaccessible à son compagnon. Une chanson bien dans la manière de Sparks, un duo qui a toujours su évoquer les petites blessures de la vie ordinaire avec légèreté, humour et élégance. C’est un art, peu le maîtrisent. Sparks, les frères Ron et Russell Mael ont publié au printemps dernier MAD, leur vingt-septième album de chansons originales, bon vingt-septième si on y inclut un réenregistrement, en 1997, en compagnie d’un orchestre symphonique, de certaines des chansons de leurs débuts en 1997. Et une collaboration avec le groupe britannique Franz Ferdinand en 2015. Sinon ça fait vingt-cinq. Bon, je pinaille.
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Bref, cette parution n’a pas été un événement. Perdue, il est vrai, dans une mer, que dis-je un océan, voire un cosmos de nouveautés et rééditions diverses et variées. Et je tenais, avant que l’année se termine, à braquer une dernière fois la lumière sur les Sparks. À ma connaissance, les deux frères Mael constituent un cas unique dans l’histoire de la musique populaire actuelle. Tout au long d’une carrière qui s’étale sur plus d’un demi-siècle, ils n’ont pas publié un mauvais album. Je rappelle que le premier album qu’ils ont publié remonte à l’année 1971. Et je l’affirme : leur production, me paraît même d’une qualité croissante, je dirai surtout depuis le début du nouveau siècle. Les Sparks, les frères Mael, Russell, chanteur et parolier, et Ron, pianiste, mélodiste et orchestrateur, ont apporté à la musique populaire une joie et une légèreté qui n’étaient pas monnaie courante au début des années 70. En tout pas dans la pop music, comme on disait, soutenue alors par la majorité des critiques de Best et Rock & Folk, des magazines très influents en ce temps-là. Qui privilégiait des groupes sérieux, ambitieux, comme Pink Floyd, Led Zeppelin, ou encore le premier Genesis. Les Sparks, ça arrivait sans crier gare, dans un éclat de rire cristallin. Ça se tenait à un point de rencontre improbable entre le glam rock, un humour parodique et des réminiscences d’opérette européenne, le tout servi avec une élégance pince-sans-rire, un certain dandysme qui plaisait beaucoup en France. La France qui reste le pays de cœur, d’élection des frères Ron et Russell Mael, les Sparks. Témoin le César qu’ils ont récemment obtenu pour la comédie musicale qu’ils avaient écrite, Annette, réalisée par Leos Carax. Bref, plus d’un demi-siècle après leurs débuts, les Sparks sont toujours là. Et comme je vous le disais, les albums qu’ils enregistrent dans le home studio d’un des deux frères, sur les hauteurs de Los Angeles, depuis une trentaine d’années déjà, sont d’une qualité constante. Le dernier, MAD, point d’exclamation, ne fait pas exception et il fallait le souligner.
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Autre artiste vers lequel je tenais à diriger la lumière avant que l’année s’achève : Blood Orange. Il vient de publier un nouvel album, Essex Honey. Il m’est arrivé, plus d’une fois, depuis la rentrée de septembre, d’y jeter une oreille en me disant : tiens, ça pourrait entrer dans une programmation. Et à chaque fois, je suis impressionné par la qualité de la musique de ce Blood Orange, comme Orange sanguine. Qui n’a rien d’un nouveau venu. De son état civil Devonté, dit Dev Hynes, il a aujourd’hui quarante et un ans. C’est un Anglais, un Londonien d’origine, de l’est londonien, né d’un père guyanais et d’une mère africaine, originaire de Sierra Leone. Il a démarré sa carrière solo il y a dix-sept ans, en 2008, sous une première identité, celle de Lightspeed Champion. Il faisait alors une musique qui était très anglaise, une sorte de croisement entre Blur et The Divine Comedy, avec un côté country-folk orchestral à la fois très orchestré et grunge. Il habite et travaille depuis une dizaine d’années à New York, où il a collaboré entre autres avec Debbie Harry, de Blondie, et Solange, la sœur de Beyoncé. Et tout a changé pour lui. En solo, il s’est réinventé sous une nouvelle identité, celle de Blood Orange, pour créer des chansons dans un autre style, d’excellente qualité, très mélodieuses et funky à la fois, et qui lui ont valu des comparaisons avec Prince. Blood Orange a collaboré pour ce nouvel album avec Caroline Polachek, une musicienne de la côte nord-est des États-Unis, qui a suivi un parcours assez captivant qui l’a menée de l’underground au grand public. Ce titre s’appelle « The Train », entre parenthèses « King’s Cross ». Et c’est ce soir dans Very Good Trip sur France Inter.
Pour en savoir plus, écoutez l'émission…
À écouter
Playlist :
- Sparks - « Drowned in a Sea of Tears » album « MAD! »
- Blood Orange - « The Train (King’s Cross) » (feat. Caroline Polachek) album « Essex Honey »
- Melody’s Echo Chamber - « In the Stars » album « Unclouded »
- Stereolab - « Aerial Troubles » album « Instant Holograms on Metal Film »
- Unknown Mortal Orchestra - « Boys with the Characteristics of Wolves » EP « Curse »
- King Gizzard and the Lizard Wizard - « Phantom Island » album « Phantom Island »
- Ombr - « Back to Friends » album « I Barely Know Her »
- Dean Blunt, Elias Rønnenefelt - « 1 » album « Lucre »
- Cameron Winter - « Nausicaä (Love Will Be Revealed) » album « Heavy Metal »
- Hamilton Leithauser - « Knockin’ Heart » album « This Side of the Island »
- Trupa Trupa - « Mourners » EP « Mourners »
- Viagra Boys - « Pyramid of Health » album « Viagr Aboys »
- Macario Martinez - « Sueña lindo, corazón »
À écouter
L'équipe
- Écrivain, journaliste et critique rock
- Vincent GodardRéalisation et mise en onde



