Ce film s'inspire des souvenirs de jeunesse du cinéaste allemand Hark Bohm qui a co-écrit le scénario : il donne à voir la fin du régime hitlérien du point de vue des Allemands, et en particulier des enfants. Entre sobriété et académisme, qu'en ont pensé les critiques du Masque ?
Dans les derniers jours du IIIᵉ Reich, sur une île au large de l’Allemagne, en mer du Nord. Nanning, un garçon de 12 ans, y vit avec sa tante, ses frères et sœurs, et sa mère, qui attend un quatrième enfant. À l’annonce de la chute d’Hitler, la mère entre en dépression. Nanning lui-même appartient aux jeunesses hitlériennes, sans savoir vraiment de quoi il s’agit. Afin de redonner vie et espoir à sa mère, Nanning va tout faire pour lui offrir ce dont elle rêve : du pain blanc, avec du beurre et du miel, alors que la nourriture manque sur l’île. Le tout se déroule entre ciel et mer, dans un paysage plat comme la paume.
Ava Cahen est partagée
La journaliste à frenchmania.fr trouve le film beaucoup trop académique : "d'un côté, je trouve le décor, le contexte et le point de vue hyper intéressants, c'est vrai : la fin de la guerre, la chute d'Hitler à travers les yeux d'un petit garçon, (...) on ne la voit pas souvent du point de vue des vaincus. C'est la fin d'un monde pour Nanning, qui va apprendre ce que c'est que le goût amer de la défaite et le goût de la fin des privilèges, sauf que la forme, je la trouve assez ordinaire. Le film est trop lisse pour que j'y adhère."
Franck Finance-Madureira a été enchanté
Au contraire, Franck Finance-Madureira trouve que la mise en scène est en accord avec le sujet. "Il n'en fait pas qu'un objet grandiloquent, il en fait une espèce de conte philosophique (...) Je trouve que c'est vraiment tenu en termes de mise en scène". Au départ, peu convaincu du sujet du film, il a finalement aimé la finesse du récit.
Murielle Joudet a aimé mais...
"Une enfance allemande est un super scénario qui aurait pu donner un film âpre, mais donne finalement un long-métrage très académique, où on a toujours cette patine des films historiques." Elle regrette le manque d'âpreté qui "aurait pu être quelque chose comme Bill Douglas ou tous ces cinéastes qui ont filmé l'enfance comme un territoire de violence absolue."
Pour Pierre Murat : "ça a l'air académique, et curieusement, ça l'est moins que ça en a l'air."
Pierre Murat salue la qualité du jeune comédien, Jasper Billerbeck, qui parvient à faire passer la moindre émotion sur son visage. "Il a cette force d'imposer ses sentiments et ses sensations, et je le trouve très émouvant, et grâce à lui, je suis entré dans cette histoire." Il ajoute : "Il y a une cruauté qui est tout le temps là dans la peinture de cette femme qui s'accroche au nazisme, qui s'accroche à son passé". Tous ces éléments le réconcilient avec le cinéma de Fatih Akin.
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