Difficile de savoir précisement ce qu'il se passe en Iran, dont l'accès à Internet de la population est totalement coupé. ©AFP
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S'ils sont rares à vouloir s'exprimer, les Iraniens rencontrés à la frontière avec la Turquie racontent toutefois l'horreur de la repression et attestent de plusieurs dizaines de milliers de morts.

Un calme très précaire en Iran. La vague de protestation a pour l'instant été étouffée par une violente répression qui a fait des milliers de morts, ont estimé des experts et des ONG, près de trois semaines après le début du mouvement de contestation. L'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks a par ailleurs annoncé samedi avoir décelé une “très légère” reprise de l'activité internet en Iran après plus de 200 heures de coupure en lien avec le mouvement de contestation.

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Sous la pression des Etats-Unis, les 800 exécutions prévues vendredi par pendaison ont été annulées. Si le mouvement semble marquer le pas, le fils de l'ancien chah d'Iran s'est dit convaincu que la République islamique allait “tomber”. “Ce n'est pas une question de ‘si’, mais de ‘quand’”, a lancé Reza Pahlavi à la presse à Washington.

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"Que le monde puisse voir ce qui se passe en Iran"

Par ailleurs, les témoignages directs de la situation sont rares, reccueillis pour la plupart à la frontière à la Turquie. Mais face à la terreur exercée par le régime de Téhéran et la présence d’espions, les Iraniens sont de plus en plus réticents à s’exprimer. Ce couple de médecins rencontré par France Inter signale “des gens blessés par balle et tellement de morts, plus de 12 000”, précise la femme. Ils retournent en Iran après être venus chercher un peu de connexion Internet. “Je pense que ce nombre est très vrai, je dirais, entre 12 000 et 20 000 morts. C'est vraiment cela. En tant que docteur, je peux le confirmer, je l'ai vu, j'ai extrait tant de balles des corps des blessés pendant environ dix jours”, confirme son mari.

“Ça va très mal, je voudrais que le monde puisse voir ce qui se passe en Iran”, poursuit-il, expliquant que le régime réclame de l’argent pour rendre les corps des tués à leurs familles, “de 4.000 à 10.000 dollars, on l’a vu”. “Ils utilisaient des armes lourdes pour tuer des gens ordinaires et ils tuaient aussi ceux qui s'enfuyaient pour se cacher”, atteste son épouse.

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