Le maire Arnaud Murgia présente le site du Fort de Briançon à Renaud Muselier, président de la région Sud, en février 2024. ©AFP
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Les choix faits par le maire sortant Arnaud Murgia, qui brigue un nouveau mandat, pour les prochains JO de 2030, sont un sujet de tensions, dans sa propre équipe et plus largement dans cette campagne des élections municipales.

Briançon (Hautes-Alpes) va accueillir en 2030 les Jeux olympiques et paralympiques avec les épreuves de ski freestyle et de snowboard, une première dans l’histoire de cette ville de moins de 11.000 habitants et un défi d’envergure : il faut construire un village pour héberger un millier d’athlètes et faire venir les spectateurs. Le maire sortant, qui brigue un nouveau mandat, voit les choses en grand pour faire de ces JO une vitrine pour sa ville.

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Un cap qui électrise la campagne électorale et divise sa propre majorité. Lors de ses voeux, le divers droite Arnaud Murgia a même invité le patron de ces Jeux, l'ancien champion de ski Edgar Grospiron. "Regardez comme Paris 2024 a changé la Seine-Saint-Denis, les Jeux olympiques c'est l'occasion de penser un grand chantier de désenclavement qu'on a essayé de penser de manière décarbonée, de corriger des inégalités territoriales", avance-t-il.

"Des projets qui vont engager les Briançonnais sur les années futures"

Mais une folie des grandeurs, dénoncent ses opposants : une dizaine d’élus de sa majorité ont démissionné, ils vont présenter une liste concurrente, sans étiquette. Richard Nussbaum, l’ancien premier adjoint, regrette "des projets qui vont engager les Briançonnais sur les années futures, pour 20 ou 30 ans, et on est en train de fabriquer un danger financier".

Au total, un milliard d’investissements (Etat et collectivités) sont prévus sur le site de Briançon : pour les routes, pour le train et pour le projet de village olympique, qui doit être réalisé dans un fort Vauban du XVIIIe siècle : le Fort des têtes, sous la neige, il est perché à 1.400 mètres d’altitude. "Il n'est desservi par aucune route viable, il n'y a pas d'eau, pas d'électricité, tout est à faire et on s'approche des 300 millions juste pour le fort et l'accès", dénonce Stéphane Faure-Brac, à l'origine d'un comité d’alerte sur ces JO.

Une liste citoyenne anti-jeux va également se constituer. Beaucoup dénoncent en tout cas le manque de concertation… Ces élections municipales vont prendre des airs de référendum sur ces Jeux.

Mis à jour le vendredi 16 janvier 2026 à 06:20

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