Des milliers de personnes se sont rassemblées jeudi soir dans plusieurs villes du pays pour manifester contre la police de l'immigration. - Stephen Maturen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
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La mort d'une conductrice au volant de sa voiture, tuée par un officier de la police de l'immigration, a déclenché de nombreuses manifestations dans le pays. France Inter sur le terrain, à Minneapolis, au cœur de la manifestation de jeudi soir.

"ICE dehors, maintenant" : c'est le principal message des milliers de personnes qui bravent le froid et la pluie pour protester contre la présence amenée à police de la police anti-immigration. Partout aux Etats-Unis, de Los Angeles à Dallas, en passant par Philadelphie ou Chicago, des rassemblements se sont tenus hier soir en mémoire de Renee Nicole Good, mère de famille tuée dans sa voiture mercredi par un agent de la police de l'immigration américaine.

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A Minneapolis, l'administration Trump, qui s'est emparée de cette affaire très vite, martèle que le policier a agi en état de légitime défense, une version contestée par les autorités locales et mise à mal par les témoins et les vidéos.

Mike s'est d'abord recueilli sur les lieux de la mort de Renee Nicole Good, avant de rejoindre le rassemblement. "C'était une exécution pure et simple, le monde entier a vu ce qu'il s'est passé", explique le manifestant. "C'est un moment critique, c'est le début de la fin pour la présidence Trump. On ne va pas tout brûler, tout le monde est pacifique comme vous pouvez le voir, mais ça doit s'arrêter, on ne va pas tolérer cela, on va se rassembler, on va mettre fin à ça."

"C'était une mère qui s'est retrouvée au mauvais endroit"

Sur place, beaucoup d'habitants réclament justice, dans une ville marquée par la mort de George Floyd en 2020 après son interpellation par la police. L'administration Trump martèle que la victime a voulu renverser le policier, et que celui-ci a tiré pour sauver sa vie, mais les manifestants ont une toute autre lecture des vidéos du drame.

"C'est dingue, des conneries façon Orwell 1984", s'énerve une manifestante rencontrée par France Inter. "J'espère que les gens vont nous rejoindre dans les rues en solidarité avec Minneapolis. On est une ville qui montre la voix, on sait faire, parce qu'on s'aime ici, voilà pourquoi on se bat", lance-t-elle.

Le vice-président J.D. Vance a lui-même tenu un point presse à la Maison-Blanche pour sermonner les médias remettant en cause la version officielle. "Ce n'était pas une anarchiste ou une antifa, c'était une mère qui s'est retrouvée au mauvais endroit. C'est évident qu'elle a été tuée. Ce que Vance a dit est ridicule", dénonce Elise, une manifestante de 70 ans.

Elle reprend le message du maire, Jacob Frey : "Je vais le dire gentiment, cassez-vous de Minneapolis, c'est plus gentil que je puisse faire."  Elise et beaucoup d'autres ont prévu de manifester à nouveau ce soir.

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