Au poste frontière qui permet aux Iraniens de rejoindre l'Est de la Turquie, des Iraniens arrivent ces derniers jours pour retrouver une connexion au monde, alors qu'internet reste coupé en Iran. Certains ont accepté de témoigner de l'horreur des derniers jours sous couvert de l'anonymat.
La répression est sanglante depuis deux semaines en Iran, avec des centaines de morts et des milliers d'arrestations selon des ONG iraniennes basées à l'étranger. Les Gardiens de la Révolution font tout pour mater les manifestations. Au poste frontière de Kapiköy, les Iraniens se serrent sous la neige qui tombe, en attendant la voiture qui les emmènera vers Van, la grande ville turque à une centaine de kilomètres.
Des centaines de mort et des rançons pour les funérailles
Un jeune couple d'informaticiens de Téhéran, a été témoin de massacres. "Nous avons entendu le son des tirs et la voix des balles, et quand on a regardé dans la rue depuis notre fenêtre, on a vu beaucoup de sang, beaucoup de gens ont été tués, au hasard", relate le mari. "Je pense qu'ils en ont tué jusqu'à 500 en une heure", indique son épouse. Et son mari ajoute : "Les tueurs, ce sont les Gardiens de la Révolution".
Mais il n'y a pas que Téhéran, explique un homme venu d'une petite ville qu'il préfère ne pas citer. Selon lui, il y avait des manifestations jusque dans les villages. "C'est un désastre vraiment énorme, chaque petite ville a des morts, au moins 20 ou 30, et ils refusent de rendre les corps, ils demandent tellement d'argent pour les rendre aux familles, ils n'autorisent pas les funérailles, rien." Il indique que les Gardiens de la Révolution demandent 3000 dollars pour chaque dépouille.
"Ils tiraient directement dans les yeux des gens, ils les ont rendus aveugles, raconte une jeune étudiante, un peu plus loin. Maintenant, tous ont peur pour leur vie. Je suis tellement triste pour mon pays, nous ne méritons pas cela."
Plusieurs estiment désormais que seul Donald Trump pourrait les débarrasser d'un régime honni.