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Quels livres vont faire parler d'eux en cette rentrée littéraire 2026 ?

Personne qui lit.
Personne qui lit.
© Getty - Olga Pankova

De Constance Debré à Pierre Lemaitre, en passant par Delphine de Vigan, la rentrée littéraire 2026 s’annonce foisonnante, avec pas moins de 508 romans publiés. Parmi ces nouveautés, quels seront vos coups de cœur ?

Chaque rentrée littéraire nous apporte son lot de livres attendus et de pépites surprises. Si le thème de la famille était omniprésent dans la rentrée littéraire de septembre 2025, les thématiques de celle-ci semblent plus diverses, et l'on y croise autant des sujets très contemporains comme le burn-out que des livres qui nous emmènent dans les sixties ou en bord de mer. Une sélection pleine de promesses.

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Dans la campagne

L'espace rural s’impose comme théâtre de drames intimes et sociaux. Avec Hors champ (Buchet-Chastel, 2 janvier), Marie-Hélène Lafon traverse cinquante ans de vie paysanne dans le Cantal, à travers une ferme isolée où se rejouent la violence, les silences familiaux et l’assignation des rôles. Dans "Le Grand Atelier", elle expliquait pourquoi elle écrivait avec ses sens, et cela est lié aux lieux, à la nature : "Écrire passe par les sens mais si tout allait bien, il s'agirait même d'incarner le monde par l'écriture. Le verbe, c'est faire chair. J'ai mis longtemps à comprendre que si je me souvenais tant par les odeurs, c'est que mon premier rapport au monde a été olfactif. Ce qui est très important quand on vit dans une ferme, dans un élevage. C'est un monde foisonnant au niveau des sens et il faudrait que tout suinte sur la page que j'écris."

À écouter

Marie-Hélène Lafon : "Écrire, c'est faire chair"

Le grand atelier

54 min

Marion Fayolle, dans Petit fruit (Gallimard, 8 janvier), situe elle aussi son récit dans une ferme, mais y explore le désir d’enfant, l’attente et la fragilité du couple, dans une écriture poétique faite de sensations et de symboles. Dans Les Midis de Culture, elle parlait de son écriture : "L'idée d'avoir des personnages qui sont presque des silhouettes, c'est l'équivalent de ce que je fais finalement quand je dessine. J'aime bien aller vers une forme d'épure et ne pas être dans un livre qui est trop rempli, que ce soit avec le dessin ou avec le texte. Pour moi, c'est très important que les livres soient constitués de vides, de creux et de trous, et que ce soit aussi le lecteur qui puisse faire sa propre lecture [...]" Plus sombre, Le Visage de la nuit (L'Iconoclaste, 8 janvier) de Cécile Coulon plonge dans un hameau coupé du monde, Fond-du-Puits, où monstruosité, beauté et passions violentes s’affrontent sur une quinzaine d’années. Trois romans qui font de la campagne un lieu de tensions mais aussi de beauté.

À écouter

Des auteurs attendus

On découvre aussi des livres portés par des auteurs installés qui continuent d’explorer leurs obsessions. Pierre Lemaitre aussi s'intéresse un peu à la campagne et à l'agriculture dans un des livres les plus attendus de cette rentrée littéraire. En effet, il clôt sa vaste fresque des Trente Glorieuses avec Les belles promesses (Calmann-Lévy, 6 janvier), retrouvant la famille Pelletier dans une France en pleine modernisation. Celui qui était au départ auteur de polars a toujours pour obsession le sujet de la vengeance, comme il l'expliquait dans le 8h20 de France Inter : "La vengeance, ça fait partie des grandes passions humaines sur lesquelles on a le plus de plaisir à travailler quand on vient du polar, parce que tout le monde connaît ça, tout le monde a un appétit de justice. C'est quelque chose d'extrêmement ancien. Les enfants disent 'c'est pas juste', et en fait cette notion d'injustice est directement corrélée à la notion de revanche, voire de vengeance, c'est du pain béni pour un auteur."

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J.M.G. Le Clézio, quant à lui, dans Trois Mexique, rend hommage à trois figures majeures de la culture mexicaine qui nourrissent son imaginaire et sa réflexion sur l’écriture et la terre. Éric Reinhardt revient dans la collection "Ma nuit au musée", avec L’imparfait (Stock, 7 janvier). Il entremêle une nuit romaine, et une histoire d’amour contemporaine pour interroger le genre et l’amour hors normes à partir de la figure de l’Hermaphrodite. Il expliquait son projet au micro d'Eva Bester : "Mon livre entremêle le récit de ma nuit, dans la Galleria Borghese, et un conte fantastique qui met en scène, aujourd'hui, Hermaphrodite, c'est-à-dire le fils d'Hermès et Aphrodite, pas une personne intersexe – je ne me le serais pas autorisé [...] Le sujet n'était pas de mettre en scène un intersexe, mais un personnage mythologique, en l'occurrence Hermaphrodite, parce que je souhaitais donner un prolongement au chant d'Ovide."

À écouter

44 min

L'écrivain canadien-hongrois David Szalay a reçu pour son roman Chair le prestigieux Booker Prize en novembre 2025. Le livre paraît en français le 7 janvier aux éditions Albin Michel. On suit la vie d'un Hongrois de milieu modeste. Pour l'auteur reçu dans Les Midis de Culture, c'est un roman sur le corps : "Chair parle du fait d’être un corps au monde, une idée abstraite peut-être, mais j’espère que le livre lui donne du sens." Il ajoutait : "Je voulais écrire sur un personnage dont la vie s’exprimait par les faits, et que le lecteur devrait en arriver à son propre jugement, sur lui et sa vie, sans guide. Istvan n’est pas un personnage qui s’explique ouvertement."

Fouiller son passé

Les romans de janvier parlent aussi de retours en arrière, lorsque les écrivains fouillent les strates de leur histoire ou de celles de leurs personnages. Dans Une pension en Italie (Julliard, 8 janvier), fiction de Philippe Besson, il remonte à un été des années 1960 en Toscane, autour d’un événement enfoui et d’un secret familial que l’écrivain tente de comprendre.

Avec Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux (9 janvier, Seuil), Judith Godrèche, dans une veine autobiographique, assemble textes et archives personnelles pour se confronter à son enfance et se réapproprier son récit, comme elle le disait au micro de Sonia Devillers (à propos de Benoit Jacquot) : "Lorsque j'ai vécu avec cet homme bien plus âgé que moi, entre mes 14 et mes 20 ans, il a mis la main sur mon corps, mais aussi sur mes mots, et ça, je me le réapproprie dans l'écriture."

Hugo Lindenberg, Lauréat du Prix Inter en 2021 avec La Nuit imaginaire, publie Les Années souterraines, dans lequel son personnage rouvre la porte de l’appartement de son père pour cartographier une enfance marquée par l’absence et la peur.

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37 min

Les maux contemporains

Plusieurs romans interrogent frontalement les fractures de notre époque. Delphine de Vigan, avec Je suis Romane Monnier (Gallimard, 15 janvier), explore l’identité et la mémoire numérique à travers un téléphone portable devenu archive intime. François Begaudeau, dans Désertions, s’interroge sur les mécanismes qui mènent un jeune homme d’une ville côtière française jusqu’à la violence extrême de la guerre en Syrie.

Après un premier roman très remarqué, Dès que sa bouche fut pleine (Flammarion, 2023), Juliette Oury revient avec Brûler grand (L'Observatoire, 9 janvier), qui met en scène un burn-out et questionne notre rapport au travail. Quant à Constance Debré, son livre Protocoles est un texte réflexif et sociétal, dans lequel elle explore les méthodes d'exécution de la peine de mort aux États-Unis et interroge l'ordre et la morale. Dans "Le Grand Portrait", elle expliquait : "La littérature est aussi là pour nous montrer ce qu'on ne veut pas voir, ce qu'on ne veut pas voir de nous-mêmes, ce qu'on ne veut pas voir du réel."

À écouter

Les premiers romans

Enfin, cette nouvelle fournée de parutions littéraires révèle de nouvelles voix. Marion Quantin signe avec Ton cadavre exquis (P.O.L, 9 janvier) un premier roman radical, où la narratrice imagine embaumer le corps de son père pour affronter une relation faite d’amour et de violence. L'humoriste Jessé Rémond Lacroix, dans son premier roman Les Bateaux sur la terrasse (Robert Laffont, 8 janvier), fait dialoguer un fils et sa mère face à la mer Méditerranée, dans un récit autour du pardon, de l’enfance et des blessures familiales. Deux débuts marquants, où l’écriture affronte le réel de front.

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Et puis, deux premiers romans avec une mer omniprésente nous font voyager. Elise Lépine, critique littéraire, fait paraître Les Courants d'arrachement (Grasset, 7 janvier), roman qui se situe au Maroc dans les années 50, et qui met en scène Reine. C'est le portrait d'une femme, toute proche du rivage, qui vient d'apprendre la mort de son amant. Le premier roman de Julia Lepère, La Mer et son double (éditions du sous-sol, 8 janvier) met en scène une femme qui se rend dans une ville côtière, où la mer est pleine de dangers, et découvre des personnages singuliers.

Felix Moati, acteur, réalisateur, et désormais écrivain, nous raconte, dans Voir Clair la rencontre de deux trentenaires, qui se ressemblent, et il nous emmène d’Orléans à Budapest, en passant par Jérusalem.

À écouter

Félix Moati pour "Voir clair"

La Bande originale

1h 15min

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