Dans un contexte déjà tendu pour le secteur agricole, les industriels ont annoncé une baisse du prix du lait pour le mois de janvier. Une difficulté supplémentaire, qui risque d’amplifier la colère paysanne.
Un sujet de colère de plus pour les agriculteurs : le prix du lait est en baisse, 70% des 42 000 producteurs laitiers français le constatent en ce mois de janvier 2026. Les industriels expliquent que les responsables sont les marchés internationaux : le cours du beurre, par exemple, est en baisse, car la production de lait est en hausse. Cette inquiétude s’ajoute à l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse qui touche les troupeaux de vaches.
Le revenu, c'est ce qui les faisait tenir, car les éleveurs laitiers ont passé une bonne année 2025. Le prix d’achat pour 1 000 litres de lait leur permettait de vivre. Mais, ce mois-ci la baisse est brutale : "En janvier, c’est une baisse de 50 euros", explique Yohann Barbe, éleveur dans les Vosges, président de la Fédération nationale des producteurs de lait, association spécialisée de la FNSEA. "On était payés autour des 470-480 euros les mille litres. Là, la plupart de nos collègues producteurs de lait en France vont être payés entre 420 et 430 euros les 1000 litres. C'est une perte sèche, et l’on risque malheureusement de faire sombrer une filière qui souffre du sanitaire, mais qui allait un peu mieux au niveau de l'économie."
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La colère risque de s'amplifier
Le prix du lait va donc s'ajouter aux inquiétudes du moment, comme la gestion de l'épidémie de dermatose nodulaire. Il y a un risque d'accroissement du mouvement, prévient Yohann Barbe : "La colère paysanne est présente, et malheureusement, elle ne va pas seulement s'exprimer devant des préfectures ou sur des barrages routiers. Elle peut maintenant se déplacer vers des entreprises qui seraient peu scrupuleuses et peut-être des enseignes de la grande distribution. On a besoin de croire en une filière laitière et pour cela, il faut rémunérer les producteurs pour qu'ils gagnent dignement leur vie."
Il appelle les géants de l'agroalimentaire et les enseignes de la grande distribution à tenir compte du contexte agricole pendant les négociations commerciales qui se déroulent en ce moment.
