Chez René Depestre, l’exil ne veut rien dire et ne rime ni avec déchirure ni avec nostalgie stérile. Loin d’Haïti depuis 1946, le poète a fait de l’errance une manière d’habiter le monde sans jamais renoncer à la joie de ses origines. Il le raconte dans cet épisode de "Poésie sur parole" en 1991.
- René Depestre, poète et écrivain d'origine haïtienne
Expulsé très jeune de son pays natal, René Depestre a transformé l’éloignement en force créatrice, recréant Haïti dans ses poèmes et dans les rencontres humaines qui ont jalonné sa route. Un nomade enraciné partout, voilà comment il se désigne lui-même dans ce troisième des six épisodes d'une série de "Poésie sur parole" qui lui est consacrée par André Welter en 1991, avec le poète lui-même et des lectures.
La condition humaine comme patrie
Pour René Depestre, l’exil n’est ni une condamnation ni une tristesse : il refuse d’y voir un manque, une attente douloureuse du retour. Partout où il a vécu, il dit avoir emporté avec lui la gaieté de Jacmel et de son enfance, retrouvant ailleurs des hommes et des femmes traversés par les mêmes préoccupations humaines que celles d’Haïti.
L’exil, selon lui, ne commence que lorsqu’on se coupe de la condition humaine elle-même ; tant qu’il y a des visages, des voix et une terre où s’ancrer, il n’y a pas d’errance tragique. Nomade, sans doute, mais "enraciné partout", Depestre revendique ainsi une appartenance multiple, jusque dans cette petite ville de Lézignan-Corbières dans l'Aude où il se dit aujourd’hui pleinement chez lui, "dans la terre profonde de la France".
À écouter
- Par André Velter
- Poésie sur parole - René Depestre 3/6 (1ère diffusion : 23/01/1991)
- Avec René Depestre (poète, romancier, essayiste)
- Lectures Robert Liensol et Pascal N'Zonzi
- Réalisation Annie Coeurdevey
- Edition web : Documentation de Radio France
- Archive Ina-Radio France
L'équipe
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