Avec Jean-Christophe Deveney et Édouard Cour, lauréats du prix de la B.D. Fnac - France inter pour leur BD, "Soli Deo Gloria" (Éditions Dupuis).
Jean-Christophe Deveney et Édouard Cour ont consacré quatre années à la réalisation de "Soli Deo Gloria", une bande dessinée de près de 300 pages qui vient de remporter le prix BD Fnac Inter. Cette œuvre ambitieuse raconte le parcours initiatique de deux jumeaux, Hans et Helma, enfants de paysans dans une Europe ancienne indéterminée. Ils découvrent la musique comme un art total. Un projet de BD né pendant le confinement, porté par une réflexion sur le pouvoir salvateur de l'art dans les périodes les plus sombres de l'histoire.
Une histoire née du confinement et d'une quête de sens
Le scénariste Jean-Christophe Deveney explique que l'idée de cette bande dessinée a germé pendant le confinement du Covid : "J'ai eu une vraie remise en question sur à quoi ça sert mon métier, à quoi ça sert de raconter des histoires quand on est dans un monde en pandémie." Sa démarche l'a conduit vers le XVIIIe siècle, "une époque terrible d'épidémie, de guerre, de famine", qu'il a connectée avec la musique baroque. Cette découverte a nourri sa réflexion centrale : "On a à la fois une période très très cruelle, très injuste, et on a un art musical qui aboutit à une espèce d'absolu." L'auteur s'est interrogé sur la fragilité de la mémoire artistique en découvrant que Vivaldi, compositeur célèbre au XVIIIe siècle, avait "quasiment disparu jusqu'au début du XXe siècle".
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Des jumeaux créateurs comme reflet du duo d'auteurs
Hans compose, Helma interprète : ces jumeaux forment un couple créatif indissociable qui fait écho au tandem Deveney-Cour. Selon le scénariste, "les deux jumeaux contiennent tous les deux un peu de nous, c'est pas aussi binaire que ça [...] c'est les deux moitiés du cerveau d'un créateur et on se bat entre les deux, donc ils sont le résultat de nos égos, de nos doutes." Le processus créatif repose sur un va-et-vient permanent entre scénario et dessin, dans une démarche que Deveney définit comme relevant de "l'humilité" plutôt que de l'ego : "Mon travail n'existe pas tout seul, pour que mon travail soit visible, il faut que quelqu'un le fasse exister."
Une grammaire graphique pour rendre visible l'immatériel
Edouard Cour a développé une esthétique singulière en noir et blanc, qui évoque les gravures anciennes, pour représenter l'invisible : la musique. Le dessinateur explique s'être laissé guider par "l'intuition avant tout" et avoir construit petit à petit "une grammaire pour la flûte, pour le chant", matérialisée par des traits brisés et des arabesques abstraites qui circulent dans l'air, les corps et la page.
La BD mêle les genres et les lieux – du monastère horrifique au carnaval de Venise, de la Rome décadente aux références à Hansel et Gretel – offrant une liberté narrative totale. Jean-Christophe Deveney reconnaît que le résultat les a dépassés : "Quand on a terminé l'album je me suis dit on a fait un monstre." Un monstre qui interroge la manière dont "l'art peut nous dépasser et nous amener à communiquer avec les autres."
L'équipe
- Animatrice
- programmateur
- programmateur
- programmateur
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- Attaché(e) de production
- Cléa JournaultStagiaire



