En 1987, Paolo Fabbri et Jean Baudrillard plongent au cœur de l'intelligence artificielle. Au-delà de l'illusion de l'intelligence, la question est aussi (surtout ?) la suivante : quelle est la place de la machine dans notre rapport au savoir ?
- Jean Baudrillard, philosophe et sociologue
- Paolo Fabbri, sémioticien italien, professeur à l'université de Bologne
Jean Baudrillard, philosophe, rallume la théorie de la disparition du sujet. Qui est, en 1987, de moins en moins une théorie mais de plus en plus un sentiment. Dans l’émission “Perspectives Scientifiques”, avec le sémioticien Paolo Fabbri sont invités à débattre autour des théories et des techniques qui émergeaient déjà à l’époque.
L’intelligence artificielle, prolongement ou substitution de l’intelligence humaine ?
Pour Paolo Fabbri, nous nous servons de l’intelligence artificielle pour montrer les limites de notre propre intelligence ; programmée par l’homme, elle ne pourra jamais aller plus loin que lui dans la pensée, et nous permet de séparer ce qui est facilement reproductible, mécanisable dans la pensée de ce qui est véritablement intelligent.
Jean Baudrillard, quant à lui, se montre encore plus méfiant que son interlocuteur : l’IA serait une façon de laisser le corps et le cerveau en friche, et de prolonger le mouvement de disparition du sujet au sein de l’illusion dans laquelle il vit. L'IA servirait à l’homme à expulser son intelligence, le cerveau humain devenant alors inutile. Mais si l’intelligence artificielle permet de stocker et de mémoriser toutes les données de l’intelligence, elle ne propose pas une autre vision du monde, ni une autre intelligence du monde.
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L'équipe
- Ecrivain et producteur de radio français
- Ruth ShepsProduction déléguée
- Jacqueline ArchambaultRéalisation
