Après avoir affirmé que l'option militaire était toujours envisagée, la Maison-Blanche assure étudier activement un "achat" du Groenland. - Odd ANDERSEN / AFP
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Au moment où la Maison Blanche assure étudier "activement" un "achat" du Groenland, le Danemark, dont l'île dépend, rappelle que le territoire n'est pas à vendre. Mais de nombreux Groenlandais souhaiteraient décider seuls de leur avenir.

À la maison du Groenland à Copenhague, la communauté se retrouve pour prendre un café, discuter ou tricoter ensemble. Des œuvres de peintres inuits sont accrochées sur les murs, et dans le poste résonne une radio groenlandaise.

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"Je viens car ici je peux parler groenlandais", se réjouit Nina, qui a quitté le Groenland à l'âge de 6 ans. "Mes derniers ancêtres à avoir vécu dans la culture inuit, ce sont mes arrière-grands-parents il y a presque 100 ans. Mais on nous a retirée cette culture : si on l'affichait, c'était interdit, et on était poursuivi."

Aujourd'hui, elle refuse de soutenir le gouvernement danois face au président américain. "J'estime que les relations entre le Danemark et le Groenland sont devenues toxiques, et qu'il faut divorcer quoiqu'il arrive, et le plus tôt sera le mieux. Que l'on soit maltraités par le Danemark, les États-Unis ou une autre nation, c'est pareil", soupire-t-elle.

"Seuls l'Union européenne et le Danemark en profitent"

"Le Groenland s'appauvrit un peu plus chaque année, alors que nos sols regorgent de ressources", se désole Knud, militant pour un Groenland indépendant. "Seuls l'Union européenne et le Danemark en profitent, mais pas les Groenlandais. Le Danemark ne nous autorise pas à discuter avec les autres, seulement avec les européens", se plaint-il.

Knud ne serait pas contre des négociations avec les États-Unis, mais ses espoirs sont faibles : "nous n'avons jamais eu notre mot à dire, alors pourquoi serait-ce le cas aujourd'hui ?"

Le Groenland n'est pas à vendre, pourtant la Maison Blanche continue d'affirmer étudier "activement" son rachat, provoquant parfois l'incompréhension dans le propre camp de Donald Trump. Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, va rencontrer la semaine prochaine des responsables danois. Le gouvernement groenlandais, qui réclamait cette rencontre de longue date, sera également présent.

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