Depuis fin décembre, la répression des manifestations anti-régime a fait au moins 734 morts, selon Iran Human Rights, qui documente la répression. Mais le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, selon l'ONG.
Internet est toujours coupé depuis jeudi, et les communications avec l'étranger sont difficiles. France Inter a réussi à joindre, à Téhéran, le correspondant de RFI et Radio France, Siavosh Ghazi.
Dans le Nord-Ouest de la capitale, des quartiers qui avaient connu des manifestations importantes, la situation est désormais "plutôt calme, y compris hier soir, il n'y a pas eu de nouvelles manifestations", décrit Siavosh Ghazi.
Les plus importantes manifestations ont eu lieu jeudi, à la suite de l'appel qui a été lancé par Reza Pahlavi, le prince héritier de l'ancien monarque. "On a eu de nombreuses personnes qui sont descendues dans différents quartiers, les habitants se sont rassemblés sur la principale place dans le quartier, la principale avenue...", raconte Siavosh Ghazi."On voyait affluer des gens des ruelles vers les centres, avec des slogans très durs contre le pouvoir, comme "à bas la dictature" ou "contre les dirigeants iraniens", mais aussi des slogans en faveur de Reza Pahlavi".
"On a vu le nombre très élevé de cadavres et de corps"
Après la diffusion, ces derniers jours, d'images de victimes, dont des images issues des morgues de différents hôpitaux iraniens, le correspondant de RFI et France Inter a senti un choc chez les Iraniens. "Ce sont des images qui ont d'abord été diffusées par la télévision d'État : le journaliste a présenté en premier ces morts comme des victimes de la violence des manifestants, des fauteurs de troubles", alors qu'il s'agissait d'images de manifestants morts.
"On a vu le nombre très élevé de cadavres et de corps, avec des familles qui essaient d'identifier leurs proches tuées. Ça a provoqué une très grande colère, très profonde chez les Iraniens quand on les interroge. Ces images les ont beaucoup choqué, car elles montrent que le nombre des victimes et de blessés est très élevé", documente Siavosh Ghazi.
Après les menaces de Donald Trump, de nombreux Iraniens craignent une escalade de la violence. "Plusieurs responsables politiques disent que l'Iran répondra de manière la plus dure à toute intervention et à toute attaque contre l'Iran", ajoute Siavosh Ghazi. "Le chef de la force spatiale des gardiens de la Révolution, qui est en charge du programme balistique du pays, vient d'affirmer que la production de missiles avait augmenté, et que cette force était prête à répondre à toute agression de la part des États-Unis ou d'Israël".