Les betteraves sont en train d'être collectées pour être envoyées dans les usines. ©Radio France - Noah Marchais
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L'accord de libre échange entre l'Union Européenne et les pays d'Amérique du Sud doit être signé ce samedi 17 janvier. Des producteurs de betteraves dans la Somme sont inquiets.

Décalée à plusieurs reprises, la signature du Mercosur devrait se tenir finalement le samedi 17 janvier. Des producteurs de betteraves de la Somme sont inquiets à l'approche de la ratification de cet accord de libre échange entre des pays d'Amérique du Sud et l'Union Européenne, négocié depuis 25 ans.

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Hugo Bourgeois consacre jusqu'à deux jours de sa semaines aux tâches administratives à cause, selon lui, de l'accumulation des normes à respecter.
Hugo Bourgeois consacre jusqu'à deux jours de sa semaines aux tâches administratives à cause, selon lui, de l'accumulation des normes à respecter.
© Radio France - Noah Marchais

Ce traité prévoit notamment l'importation de 190.000 tonnes de sucre depuis ces pays avec des droits de douane nuls. Ce chiffre est synonyme de concurrence déloyale pour le président de la CGB dans la Somme, le syndicat des betteraviers français, Fabien Hamot. Il rappelle que les agriculteurs de l'autre côté de l'Atlantique n'ont pas les mêmes normes de production : "En terme de limite maximale de produit phytosanitaire, dans le sucre, on ne retrouve absolument rien étant donné que c'est un cristal. À partir du moment où il est pur, on ne pourra retrouver une quelconque trace de produit phytosanitaire."

La fermeture de nouvelles usines ?

Hugo Bourgeois, producteur de betterave à Vignacourt dans la Somme, a le même sentiment concernant le traité du Mercosur. Pour cet exploitant de 28 ans, cet accord n'a pas été pensé pour les intérêts de l'agriculture française : "Ça nous fait très peur car on autorise les pays sud-américains a envoyer des tonnages de sucre dont on n'a pas besoin car on sait les produire en France et en Europe. 190.000 tonnes de sucre, ça représente 1.5 à 2 usines française de sucre. Sachant que les usines françaises on vient déjà d'en fermer quatre en six ans. Si on importe, est-ce qu'on va fermer de nouvelles usines ?"

La solution face à cette situation pourrait être de se mettre sur un pied d'égalité avec les producteurs sud-américains pour Fabien Hamot : "On réclame une harmonisation des normes pour les moyens de productions, notamment pour la protection phytosanitaire."

Ces producteurs dénoncent également l'importation grâce au Mercosur de 650.000 tonnes d'éthanol pour un usage industriel et comme carburant. Ce volume d'importation représente, selon la CGB, la production de la France grâce à ses betteraves.