Un sweat-shirt "Le Groenland n'est pas à vendre" dans un magasin de Nuuk, la capitale ©Radio France - Hajera Mohammad
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Alors que Donald Trump rêve d’annexion, cet épisode réveille chez les Inuits le traumatisme de l’oppression pendant la colonisation danoise. Autonome depuis 1979, l’île arctique dépend du Danemark, une tutelle dénoncée depuis des années par les partis politiques et la population sur place.

C’est l’un des bars les plus prisés des jeunes groenlandais, situé au dernier étage d’un hôtel très huppé. Lucas, Marc, 26 et 27 ans, collègues de travail et guides touristiques, viennent y boire un verre ou danser. Venus se détendre dans ce monde où ils se sentent un peu sous pression, à cause de Donald Trump."Je trouve ça fou", lance l'un d'eux. "Ce qui me préoccupe le plus, c'est qu'il s'intéresse à nos minerais rares et s'il s'en empare, il va détruire la nature."

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L’indépendance totale de leur pays vis-à-vis du Danemark, ces jeunes groenlandais en entendent parler depuis toujours mais ont bien du mal à y croire aujourd’hui. "Peut-être qu'on sera indépendants un jour, dans quelques années, mais là, on n'est pas stables économiquement, nous avons besoin du Danemark. On n'a pas notre propre armée, donc on a besoin du Danemark et de l'OTAN, et de tous ceux qui peuvent nous aider en ce moment. Personnellement, je préfère dépendre des Danois que des Américains."

"J'espère qu'un jour on sera indépendants, pas danois, pas américains"

Pourtant la majorité des habitants de Nuuk sont catégoriques : ils ne veulent être ni sous la tutelle du Danemark ni sous celle des États-Unis. 
Sophie, grand sourire aux lèvres, nous accueille dans sa boutique de souvenirs. Le président américain l’insupporte, certes : "Je suis en colère parce qu'ils ont dit 'on a besoin du Groenland', mais en fait, il a besoin de notre argent, pas de nous." Mais elle dénonce aussi la relation toujours inégale aussi entre le Groenland et le Danemark : "Ici, on a des entreprises, mais elles sont danoises, les patrons ne sont pas groenlandais, je ne sais pas pourquoi."

Et il y a l'histoire, douloureuse, de son peuple inuit, opprimé pas des siècles de colonisation. Elle nous raconte notamment le sort de ces femmes groenlandaises stérilisées de force par les autorités danoises : "Deux de mes tantes n'ont pas pu avoir d'enfants à cause de ça. Dans les années 70, les filles, ils leur inséraient des stérilets de force. C'est pour ça que nous ne sommes pas nombreux, les Groenlandais, c'est très triste. Moi j'espère qu'un jour on sera indépendants, pas danois, pas américains."

Des maisons de Nuuk, la capitale groenlandaise
Des maisons de Nuuk, la capitale groenlandaise
© Radio France - Hajera Mohammad

À 75 ans, Per Berthelsen est le doyen du Parlement du Groenland, fondateur des Démocrates, parti majoritaire, indépendantiste. "On veut être groenlandais, oui. Mais aujourd'hui, il faut arrêter de regarder en arrière et de critiquer le Danemark : utilisons notre énergie, notre force, pour tenter de trouver un terrain d'entente pour satisfaire toutes les parties et de manière pacifique."

Pacifique, à l'image de notre peuple, conclut-il.

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