Léna Situations
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Léna Situations
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Léna Mahfouf, créatrice de contenu et entrepreneuse plus connue sous le nom de Léna Situations, est l'invitée de Sonia Devillers alors qu'elle publie "Encore mieux" (Léna Éditions).

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Partie d’une simple envie de partager, Léna Situations se filmait chaque mois d’août avec une sincérité légère et un enthousiasme communicatif ; cette spontanéité l’a menée, quelques années plus tard, à rassembler 11 millions d’abonnés et à devenir une femme d’affaires accomplie, entre création de marque, collaborations prestigieuses, best-seller à 500 000 exemplaires et statue au musée Grévin. Installée en front row des défilés de mode, capable d’interviewer Rihanna et de mener de front une multitude de projets, elle incarne l’un des paradoxes les plus frappants de notre époque : adorer une industrie qui fait rêver tout en abîmant. Devenue l’une de ses figures majeures, elle en subit aussi les retours les plus violents. Ce tiraillement nourrit son second livre, Encore mieux, où elle raconte sans détour ses succès comme ses fragilités.

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"On peut élargir nos cases sans prendre la place de quelqu'un d'autre"

Léna Situations a dédicacé son nouveau livre à son petit frère, à ses abonnés… et à Frédéric Beigbeder. L’écrivain et critique littéraire avait écrit dans Le Figaro au sujet de son précédent livre, Toujours plus, que le livre qui se vend le mieux en France est « tellement sucré qu'il rend les doigts poisseux », le résumant à 147 pages de vide. Derrière cette pique, la jeune femme a vu bien plus qu'une simple critique littéraire : « Cela pouvait sembler me viser personnellement, mais c’était surtout une critique qui touchait toute une génération que je représente malgré moi ». Pour elle, c'est « un snobisme intellectuel, de classe, et un mépris générationnel ».

Le syndrome de l'imposteur ? Elle l'admet : « Il n'est jamais loin. »  Entre les fautes d'orthographe et l'absence de poésie dans sa bibliothèque, Lena Mahfouf sait qu'elle ne coche pas toutes les cases du milieu littéraire traditionnel. Mais justement, c'est là tout le propos. « Je viens d'Internet parce que c'était la seule façon de pouvoir s'exprimer quand on ne venait pas de tous ces milieux-là. », revendique-t-elle. L'influenceuse assume pleinement sa place dans les librairies : « Je n'ai rien à faire sur une table de librairie à côté d'un prix Goncourt, jusqu'au moment où l'on comprend que l'idée n'est pas de prendre la place du prix Goncourt, mais simplement d'élargir la table  ».

Une surexposition à double tranchant

La créatrice de contenu navigue entre fascination pour la mode et exposition médiatique intense, au prix de critiques parfois virulentes sur ses tenues. Depuis ses premiers pas au premier rang des défilés, elle aime « l’art qu’il y a derrière tout ça », le travail des ateliers et les histoires que chaque collection raconte. Mais cette passion se heurte à des pratiques invasives et à des jugements corporels : « Oui, c’est vrai qu’en fitting, quand j’ai dû faire des essayages, je n'ai pas trop apprécié que cette personne vienne et m’attrape les bourrelets des cuisses », confie-t-elle.

Le Festival de Cannes accentue la pression sur Lena Mahfouf. Chaque tenue est scrutée, commentée et souvent critiquée sur les réseaux sociaux et dans les médias. Elle se souvient avec émotion d’une polémique déclenchée par une robe ample et un foulard : Christine Kelly, face caméra sur CNews, parle alors de « mode des Frères musulmans ». Son cœur se serre en découvrant le commentaire en direct. Un an plus tôt, c’est une robe Vivienne Westwood, plus révélatrice, qui avait fait scandale. « Quelle fut ma surprise de me rendre compte que ce type de robe n’était pas accepté sur internet avec mon corps », raconte-t-elle. Trop dénudée ou trop couverte, le verdict tombe à chaque fois. « Tout ça me passe en travers de la gorge. Pas parce que c’est une attaque personnelle, mais parce que c’est une attaque contre toutes les femmes », ajoute-t-elle.

Malgré cette surexposition, elle revendique son rôle et sa parole publique. Internet peut être cruel, mais il est aussi un outil d’éducation et de partage : « Je suis surexposée, mais ça me permet aussi de surexposer tous les problèmes et de sensibiliser, notamment les jeunes et les parents », explique-t-elle.

Pour en savoir plus sur l'émission, la suite est à écouter...

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