Le footballeur Raï assiste au match de Ligue 1 entre le Paris FC et le RC Strasbourg, à Paris, le 21 septembre 2025 ©Maxppp
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Le footballeur Raï assiste au match de Ligue 1 entre le Paris FC et le RC Strasbourg, à Paris, le 21 septembre 2025 ©Maxppp
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L'ancien capitaine du Paris Saint-Germain revient sur son parcours, de son enfance sous la dictature brésilienne à son statut d'icône du football parisien.

Avec
  • Rai, ancien international de football, président de la fondation Gol de Letra.

Raï, champion de France et vainqueur de la Coupe d'Europe avec le PSG dans les années 1990, champion du monde avec le Brésil, publie son autobiographie Les buts de ma vie. Un homme engagé sur tous les terrains aux éditions Faces Cachées (octobre 2025). Le footballeur brésilien, naturalisé français et décoré de la Légion d'honneur, y raconte comment son parcours personnel et familial, l'héritage paternel et l'influence de son frère Socrates – autre légende du football – ont façonné sa vision du football et de l'engagement.

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Une enfance sous la dictature

Né en 1965 à Fortaleza, dans le nord-est du Brésil, Raï grandit dans une fratrie de six garçons, au cœur d'un pays en pleine effervescence culturelle, mais aussi sous le joug d'une dictature militaire instaurée en 1964. Son père, fonctionnaire progressiste et autodidacte passionné, doit brûler une partie de sa bibliothèque pour protéger sa famille. "Il y avait des livres qui étaient dangereux pour l'extrême droite, qui a peur du savoir, qui a peur de la liberté d'expression", confie l'ancien footballeur. Cet homme, qui nomme ses trois premiers fils Socrates, Sostène et Sophocle, transmet à ses enfants le goût de la réflexion et de l'engagement.

Du footballeur "malgré lui" au numéro 10

Si Raï baigne dans la passion du football dès l'enfance, apprenant ses premiers gestes dans le couloir familial avec ses frères, il ne se destine pas à une carrière professionnelle. C'est la naissance de son premier enfant, alors qu'il n'a que 17 ans, qui le pousse à chercher un métier. "J'étais un rêveur à l'époque, je ne pensais pas être pro. C'était le destin. Je rigole un peu en disant que j'étais le joueur malgré lui."

Le passage au poste de numéro 10 transforme alors profondément le jeune homme. "Numéro 10 au Brésil, c'est Pelé. C'est quelqu'un qui est important dans son équipe, qui crée le jeu, mais qui doit aussi être un leader. Être numéro 10, ça a changé mon parcours. J'ai assumé ce poste pour mon équipe, après pour l'équipe nationale, mais aussi dans la société." L'ancien capitaine parisien endosse ce rôle dans le sillage de son frère Socrates, figure du football engagé et initiateur de la Corinthians Democracy, modèle unique de démocratie interne dans son club, l'un des plus populaires du pays.

Paris, le but et l'accomplissement collectif

Arrivé au PSG en 1993, Raï connaît des débuts difficiles : le froid, la neige qu'il découvre pour la première fois, et les sifflets du public. Un penalty décisif contre Monaco change tout et marque le début d'une histoire d'amour avec les supporters parisiens. Pour lui, le but dépasse largement l'exploit individuel : "C'est l'accomplissement d'un travail collectif, c'est quelque chose d'individuel aussi, mais en même temps partagé avec le public. Quand la balle rentre, elle touche le filet, on s'envole." Élu meilleur joueur de l'histoire du PSG par les supporters en 2020, Raï poursuit aujourd'hui son engagement comme ambassadeur du Paris FC, convaincu que la capitale mérite deux grands clubs.

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