Gojira est de passage à Bercy pour sa tournée en France et en Europe. Les deux frères Duplantier font une pause dans leur répétition, au micro de Sonia Devillers. Le quatuor est devenu en quelques albums un groupe de renommée mondiale, découvert par le grand public pour la cérémonie des JO de Paris
- Mario Duplantier, musicien français, batteur du groupe Gojira
- Joseph Duplantier, musicien français, chanteur et guitariste du groupe Gojira
- Gojira, groupe de metal français
Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Un groupe de métal fait hurler guitare basse et batterie, accrochés à la façade de la Conciergerie, sur les bords de Seine. Des Marie-Antoinette chantent "Ah ça ira, ça ira, ça ira" en tenant leur tête décapitée sous le bras. La chanteuse lyrique mezzo-soprano Marina Viotti entonne à leurs côtés "l'amour est enfant de bohème...", paroles extraites de Carmen. Le monde entier vient de découvrir Gojira.
Gojira est un groupe français né dans le sud-ouest avec les frères Duplantier, Joe, l'aîné, guitariste et chanteur, Mario, le cadet, batteur. Ils jouaient le 30 novembre à l'Accor Arena de Bercy, avant lequel Sonia Devillers a eu la chance de pouvoir se glisser en répétition. "La puissance de leur son, tous les sous-sols du Palais Omnisports tremblent quand Gojira joue, et puis les deux frères s'échappent quelques minutes pour parler à France Inter". Des dieux du hard rock et du métal, des plages de leur enfance, de la force de l'océan, d'une écologie qu'ils défendent depuis qu'ils sont tout petits et de ces quelques minutes explosives aux JO de Paris qui leur ont valu d'entrer dans l'histoire et de se voir remettre à la récompense suprême aux États-Unis : un Grammy "meilleure prestation metal" pour leur passage à la Cérémonie des JO. Plus un passage, c'est aussi une reconnaissance du metal aux yeux du monde entier, dans une cérémonie audacieuse qui a croisé les genres musicaux.
Les JO de Paris 2024, la révélation au grand public
Gojira est habitué des salles de toutes tailles, des plus petites de leurs débuts dans le pays basque et tout l'hexagone, aux grands festivals et stade du monde entier, aux côtés de Metallica ou Korn, entre autres. Mais jamais ils ne s'étaient retrouvés accrochés de la sorte aux fenêtres d'un château, qui plus est au cœur de Paris pour un événement mondial, Jo décrit le moment "je me sentis comme un chat, tu sais qui s'accroche, parce qu'un chat, t'as voulu lui dire "non, c'est bon, t'es attaché", il va quand même avoir les poils hérissés, il va s'accrocher, il y a un peu ce côté-là".
Gojira commence alors un tableau de la cérémonie autour de la Révolution française, avec la puissance sonore et scénique qui les caractérise. La pluie s'est même calmé sur leur passage, bousculée à son tour. "Alors il me semble que oui, la pluie a pu se calmer, de toute façon quand on commence à jouer, moi je vois plus rien. On a les sens qui sont altérés ouais. Mais ce qui était particulier, c'est qu'on a dû se positionner sur ces passerelles qui étaient du coup hyper glissantes, parce qu'il pleuvait, et on a dû attendre je crois 15 minutes ?" Le temps que le passage de la pop star mondiale Lady Gaga se termine, pour partir au moment d'une partition de millimétrée pour cette soirée qui avançait au fil de la Seine dans Paris, "c'était dingo".
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Les adieux de Ozzy Osbourne, l'autre moment dingue
Autre moment dingo, Gojira a participé au concert d'adieu d'Ozzy Osbourne, le prince des ténèbres, quinze jours avant sa mort, à Birmingham, sa ville natale. "Dans leur ville natale, vous vous retrouvez au milieu de tous les géants du rock et du métal. Oui. Et lui qui vient faire ses adieux à la foule." "Tout le monde pleurait dans le stade." Six millions de personnes dans le monde ont suivi la soirée en direct, la récolte de dons lancée à cette occasion pour des associations caritatives a atteint un volume record de 200 millions de dollars. Mario : "C'est vrai que je pensais qu'après les JO plus jamais on aurait un truc d'une telle importance et celui-là en fait c'est kiff kiff. Non mais encore plus j'ai envie de dire." Jo ajoute : "Mais là on était dans notre monde quoi."
Lui était le chanteur de Black Sabbath, réputé comme l'inventeur du metal avec son premier album, c'est aussi la formation qui inspiré nombre de groupes comme Metallica. Le plus grand groupe pour les deux frères. Jo : "En tout cas, pour nous, il n'y a pas débat. J'ai l'impression qu'il ne pourra plus un groupe de métal aussi important."
Le monstre Metallica, les seuls et uniques
Jo était plutôt piano, jazz et musique classique lorsqu'il entend "Fade to Black", sur un titre de Ride the lightning, pour la première fois ado. Avant cela, c'était un peu du bruit pour lui, mais là, cette intro à la guitare classique l'intéresse, et le séduit, il l'étudie et la rejoue, puis petit à petit, il a écouté la partie d'après, et celle d'après, et encore après. Le guitariste explique avoir été "aspiré" par le truc et s'est jeté dans les autres albums pour ne plus lâcher Metallica.
En fans de metal et du groupe, les frères Duplantier ont évidemment vu le documentaire Some kind of monster, enregistré pendant la création de l'album St Anger. Un moment où la bande des Four Horsemen traverse une phase sombre, entre addictions et dépression. Le monde entier découvre alors que ces gars aux sommets du metal, qui peuvent avoir une image de gros bras, avec ce son lourd, ces shows surdimensionnés, un côté sombre, masculin, peuvent aussi avoir des fragilités, des moments de doutes et traverser des crises existentielles. Metallica était alors sur un entre deux, ne sachant s'il devait exploser ou se serrer les coudes, ne pouvait parfois plus se voir en peinture.
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Gojira est aujourd'hui un groupe d'envergure mondiale, de la trempe de ce Metallica. Y ont-ils vu une leçon ? "Je ne sais pas si on en a tiré une leçon, mais on a tout à fait compris les enjeux et les problématiques qu'il pouvait y avoir avec un groupe de cette ampleur. Il n'y a rien qui est surprenant dans ce film." Mario poursuit, appuyé par son frère : "Déjà en lisant les paroles de tous les groupes, de tous les groupes qu'on écoutait, de death, les groupes les plus extrêmes, en plus, il y a quelque chose de très androgyne dans le métal. Et puis on hurle nos émotions, quoi. Hurler ses émotions, c'est assez précurseur aussi en termes de masculinité, c'est-à-dire que c'est exprimer sa vulnérabilité, exprimer ses tabous, ses peurs, la peur de la mort, ses incompréhensions. Donc c'est dire sa fragilité. Nous, les quatre de Gojira, on est pour le coup, le côté androgyne, on a les quatre, on a une sensibilité féminine et masculine qui sont vraiment très, très exacerbées. Il n'y a aucun macho dans le groupe, quoi."
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"Mario est la fondation musicale du groupe"
Aucun macho, de l'empathie et de l'ouverture mais en jouant et proposant une musique qui peut être rude pour le corps, et nécessité un entrainement rigoureux des instrus ou de la voix. Mario est considéré comme l'un des meilleurs batteurs, chaque concert, et nombre de morceaux sont des performances sur ses futs. Il s'en amuse en concert, brandissant des pancartes "vous voulez plus de double pédale ?". La batterie est un exutoire à ses yeux, le batteur a atteint une technique de jeu hors paire, travaillant des techniques jazz au sein de ses rythmes lourds. Jo est impressionné par la puissance de son frère cadet, la redoutable machine qu'il peut être sur cet instrument, tout l'impressionne. "Tout de à A à Z, c'est une bête, c'est incroyable ce qu'il fait. Mais d'ailleurs tout le monde est impressionné tout d'abord par sa prestation. Mario c'est la fondation musicale du groupe." Jo avait 19 ans lorsqu'il a monté le groupe, Godzilla à l'origine, avec son frangin de 14 ans, ils sont aujourd'hui en tournée de Zéniths de France, et des salles du monde entier, dans le cercle prisé des plus grands.
La suite s'écoute dans cette émission...
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