Pierre Lemaitre - Bruno Levy
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Pierre Lemaitre - Bruno Levy
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Pierre Lemaitre, écrivain, présente son nouveau roman “Les belles promesses” (Calmann Lévy).

"La famille Peltier est une de ces familles heureuses des Trente Glorieuses, où la France va bien. Mais dans tous les pays qui vont bien, il y a beaucoup de gens qui ne vont pas bien, et le roman tente justement de montrer la place des exclus", raconte Pierre Lemaitre, auteur des Belles promesses, son dernier roman consacré à la période des Trente Glorieuses.

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Le premier d'entre eux, Le Grand Monde, s'ouvrait en 1948. On est à présent autour des années 60-63, toujours avec cette famille Peltier. "Comme je rentrais dans des années que j'ai vécues, j'ai pensé que je pouvais compter sur ma mémoire. Grand mal m'en a pris, parce qu'en fait, la mémoire transforme tellement les choses que tout ce que je croyais vrai était faux", sourit l'auteur. "Tous mes repères sont brouillés. Il a donc fallu que je me retourne du côté de l'historienne avec qui je travaille, Camille Cléret, pour me remettre les idées en place."

"C'est une espèce de faux polar"

Le livre a été écrit grâce à un important travail de documentation, lors duquel Pierre Lemaitre a lu les revues pour parler du monde agricole et "passé mes nuits sur le périphérique, qui ferme toutes les nuits par tronçons", pour bien comprendre cette ceinture routière.

Pierre Lemaitre, auteur habitué des polars, surprend avec cette saga, car il s'agit d'un genre de polar, avec une enquête, mais le coupable est déjà connu depuis deux volumes. "C'est une espèce de faux polar, c'est-à-dire que je place le lecteur dans une situation un petit peu particulière, d'être à la fois jugé parti...", concède-t-il. Mais le suspens est toujours là : "le roman c'est aussi un métier : rien n'est plus plaisant dans la littérature que de se faire avoir par l'auteur. Le plaisir de la lecture, c'est celui d'être manipulé pour la bonne cause."

"La littérature est une machine à décrypter le réel"

La question agricole est très présente dans le livre : on retrouve des passages qui auraient pu être écrits avec les agriculteurs qui ont manifesté cette semaine, on retrouve dans le roman la "FEDE", le syndicat qui veut maintenir les prix bas, et le ton monte entre les agriculteurs et les autorités.

"La littérature est une machine à décrypter le réel, à comprendre le réel qui nous entoure, alors on est un petit peu frappé quand on pense à l'agriculture, au fait que les faits ont l'air de se répéter, d'une manière presque mécanique", explique l'auteur.

La guerre d'Algérie est aussi en toile de fond du livre : "j'essaye de montrer que ce jeune paysan immigré qui est envoyé en Algérie ne comprend pas bien, parce qu'il est mal placé sur l'échiquier social pour comprendre cette guerre dans laquelle on l'emmène et parce que le colonialisme est en train de revenir."

En réponse à une question d'une auditrice de France Inter, Pierre Lemaitre promet de revenir au polar, et de publier un roman noir d'ici au début de l'année prochaine.

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