Netflix et Paramount continuent à se battre pour racheter Warner Bros, à différentes conditions. ©Getty - Kenneth Cheung
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Le rachat de Warner Bros reste au cœur d'une bataille entre Netflix et Paramount. Le studio a annoncé un accord avec le géant du streaming ses studios et certaines de ses plateformes, pour plus de 82 milliards de dollars. Avec des interrogations sur la recomposition de l'industrie du divertissement.

Préalable important, cette fusion n'est pas certaine parce qu'un autre poids lourd du cinéma, les studios Paramount, éconduits, n'ont pas dit leur dernier mot. Lundi, Paramount a envoyé une lettre aux actionnaires du groupe Warner Bros Discovery pour rappeler sa proposition, une offre publique de rachat à 30 dollars par action. Les actionnaires ont jusqu'au 21 janvier pour accepter ou pas, même si le groupe n'écarte pas de repousser cette échéance. Surtout, Paramount a attaqué en justice Warner Bros. Le but : forcer le conseil d'administration à expliquer en détail pourquoi il préfère l'offre de Netflix. Paramount courtise le studio centenaire depuis le mois de septembre, sa première proposition était d'environ 12 dollars par action, 7 autres ont suivi, pour arriver à 30 dollars. Toutes rejetées, alors que Netflix ne propose que 27, 75 dollars, mais Netflix ne veut racheter que les studios et la plateforme de streaming HBO Max; Paramount ferait l'acquisition des chaînes câblées du groupe, dont CNN.

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Les raisons de cette vente

Warner est endetté à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Une dette accumulée depuis les années 2000, après une série de fusions désastreuses avec les deux entreprises de télécommunications AOL et AT&T, notamment. Tout cela alors que l'avènement du streaming a bouleversé le modèle économique traditionnel d'Hollywood. L'action en bourse plafonne, Warner cherche à faire des économies, 10% des employés de sa division cinéma ont été licenciés l'été dernier par exemple. Et la consolidation, la fusion avec un autre studio comme l'ont fait Fox et Disney il y a quelques années, est une solution plus radicale. Sans oublier, autre motivation peut-être aussi, que l'actuel PDG David Zaslav pourrait recevoir 1,5 milliard de dollars en cas de vente.

Encore des mois de procédure

Dans son podcast The Turn, très suivi dans l'industrie, Matthew Belloni, spécialiste des affaires hollywoodiennes, dit ne pas attendre d'issue avant 2027. Car même si l'accord avec Netflix est validé à la prochaine Assemblée générale des actionnaires, dont on ne connaît pas la date, il faudra aussi que les autorités fédérales examinent l'accord et l'approuvent, ce qui prendra douze à dix-huit mois. Netflix va devoir convaincre le régulateur que son alliance avec le troisième plus gros site de streaming ne représente pas un monopole. Son argument principal : en 2026, la concurrence ne vient plus seulement des autres majors hollywoodiennes comme Disney, Universal ou Sony, mais aussi des contenus de YouTube et TikTok. Paramount, un plus petit acteur que Netflix sur le marché, aurait moins de mal face aux régulateurs, d'autant que la famille Ellison, qui détient groupe, s'entend très bien avec la Maison Blanche. En revanche, Paramount emprunterait une somme colossale pour financer son offre de 108 milliards de dollars, et c'est ce qui semble refroidir le conseil d'administration de Warner.

La peur à Hollywood

Dans les deux cas, Hollywood a peur. Une fusion implique généralement des licenciements. Netflix, on le sait, privilégie le streaming et le géant envisagerait de limiter la sortie en salle des films Warner à seulement 17 jours, très inquiétant pour les exploitants de salle.

Côté Paramount, la préoccupation est plutôt idéologique. Quelle sera la couleur politique des films, séries ou des chaînes de télévision, si la famille Ellison, très proche de Donald Trump, prend le contrôle de Warner ?

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