Dimanche dernier, on a appris que la justice américaine ouvrait une enquête contre Jerome Powell, le patron de la Réserve fédérale. Une décision perçue comme sous la pression de l'administration Trump qui ressemble à un coup porté à l’indépendance de la banque centrale.
- Anne-Laure Delatte, économiste, chercheuse au CNRS, membre du laboratoire LEDa de l'université Paris-Dauphine, spécialiste de la finance, des paradis fiscaux et de la zone euro
- Patrick Artus, chef économiste et membre du comité exécutif de Natixis
Si on veut être positif, on peut se dire que Donald Trump oblige le monde économique à s'ausculter, à se poser des questions qui ne semblaient, jusque-là, pas très pressantes… Cette semaine, au sujet de la politique monétaire. Coup de théâtre avec cette enquête du ministère de la justice à l'encontre du président de la Réserve fédérale.
Jerome Powell, silencieux ces derniers mois alors qu'il était moqué et maltraité par le président des États-Unis, a fait une allocution solennelle. On a aussi eu cette lettre des dirigeants de grandes banques centrales de la planète - c'est rare ! - qui sonnent l'alarme pour défendre leur indépendance.
Question provoc ce samedi : et si Trump avait raison ? Au nom du poids des décisions des banques centrales dans la vie des citoyens, jusqu'où les politiques seraient-ils en droit de se mêler de politique monétaire ? Pour en débattre ce matin, Anne-Laure Delatte, directrice de recherche au CNRS, et Patrick Artus, conseiller senior chez le gestionnaire d'actifs Ossiam.