Les potentiels candidats à la présidentielle ne manquent pas au centre et à droite, mais l'ancien Premier ministre, qui tient les rênes du parti Renaissance, compte bien bâtir son projet en vue de 2027.
La campagne présidentielle est encore loin, mais déjà dans toutes les têtes des responsables politiques. Et il y en a un qui se prépare activement pour 2027 : Gabriel Attal. Le patron de Renaissance est dans les starting-blocks, même si les prétendants ne manquent pas au centre et à droite.
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**Voyant qu'Édouard Philippe perd du terrain, que l'étoile de Bruno Retailleau a pâli, Gabriel Attal se dit qu'il a encore toutes ses cartouches dans sa besace. La déclaration de candidature viendra le moment venu. Le livre sortira en avril. Le programme ? Il y travaille. En ce début d'année, l'ancien Premier ministre compte arpenter le terrain : bientôt la Bretagne, le Sud-Ouest, avec à chaque fois deux à trois jours sur place, histoire de prendre le temps.
Gabriel Attal a même une parade pour faire patienter les Français qui lui demandent s'il sera candidat : "Vous me soutiendrez si c'est le cas ?", leur demande-t-il. Et en février, il mettra le cap sur l'international, passage obligé pour acquérir une stature de présidentiable. L'Ukraine, la Pologne, Londres... Puis, après les municipales, direction le Liban et l'Afrique subsaharienne.
Du "sous-Macron" ?
L'ancien Premier ministre veut développer son concept de "Nouvelle République" avec une "nuit de la nouvelle République" à Paris le 27 janvier, consacrée à la rupture qu'il préconise pour rebâtir le pays, rupture sur le modèle social ou les relations internationales. Sa philosophie : clarté, radicalité mais sans brutalité. Au sein du parti, une quinzaine de groupes de travail avec des élus, intellectuels, hauts fonctionnaires, planchent sur l'agriculture, les institutions, la fiscalité locale. Un député est séduit : "Il est très fort, courageux", et une ministre vante sa méthode.
"Il impulse beaucoup de choses, le parti produit des idées sans attendre 2027."
Mais tout le parti n'est pas derrière lui. Gabriel Attal n'a pas que des amis. "Dans le parti, il n'y a pas de débats de fond, Attal estime qu'il n'a besoin de personne", déplore un poids lourd. "Tout le monde ne le suivra pas", pose une macroniste qui a la dent dure : "Il fait du sous-Macron, sans le talent et sans les idées". Dans son camp, certains lui reprochent d'être trop en rupture avec le chef de l'État, dont Gabriel Attal a dit "ne plus comprendre les décisions depuis la dissolution". Bref, Gabriel Attal aura des obstacles sur son chemin, mais il a aussi un atout fondamental : le parti, et donc l'argent qui va avec pour financer une campagne.
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