Thomas Daloz et Béatrice Dalle, extrait de la bande originale du film "Laurent dans le vent" (2025)
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"Laurent dans le vent" est le deuxième film coréalisé par Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon. Un projet réussi pour le Masque, notamment grâce au jeu d'acteurs, et à l'émotion et la quiétude que propose le film.

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Ce film coréalisé par le trio de Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon, commence comme un western, avec un garçon solitaire, mais dans les Alpes. Laurent a la trentaine, il n'a ni boulot, ni logement, mais une moto qui le mène jusqu'à une station de ski fantôme, ou plutôt une station de ski en hibernation, puisque nous sommes hors-saison. Dans ce lieu quasi-désert, Laurent fait finalement plusieurs rencontres : Fares, un photographe amateur venu de Marseille, un berger qui a perdu une de ses chèvres, ou encore Sondra, herboriste quinquagénaire qui vit avec son ado de fils, fasciné par la culture viking. Baptiste Perusat joue Laurent, Djanis Bouzyani est Fares, et Béatrice Dalle, Sandra.

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Murielle Joudet voit un film "sur quelque chose d'émotif qui manque au cinéma"

La critique cinéma au Monde débute en saluant un film de cinéma à trois. Elle aurait sûrement rapidement craqué dans ce collectif, "Il y a derrière sans doute un projet  politique, qui doit être très fort qui conduit  à avoir un regard de cinéaste alors que le film est signé par trois personnes". Murielle Joudet a craint voir quelque chose de déjà vu dans le cinéma français, chez Alain Guiraudie ou encore les frères Larrieux. Mais le film avançant, elle a été rassurée, notamment grâce au personnage de Baptiste Perusat. "L'acteur est absolument incroyable et il y est pour beaucoup, enfin d'ailleurs tous les acteurs, mais ce choix d'un acteur  avec ce visage... On sent qu'ils sont vraiment amoureux de ce visage. Finalement ce qui va sauver ce personnage, c'est à la fois très cul-cul, en même temps le film est sauvé par son premier degré permanent. C'est-à-dire les liens affectifs, c'est l'amour, c'est cette histoire très belle."

Pour Ava Cahen la nonchalance de "Laurent dans le vent"est "sa qualité et son défaut"

La journaliste ajoute Éric Rohmer à la liste des influences relevées par sa consoeur, dans la manière de suspendre le temps. De nombreuses choses lui ont beaucoup plues, comme la scène d'ouverture du film, ou encore le personnage de Djanis Bouzyani. "C*'est un film qu'on pourrait qualifier de nonchalant. Et c'est vrai que sa nonchalance est à la fois sa qualité et son défaut. Mais au bout d'un moment, cette nonchalance m'a un petit peu lassée, comme le tâtonnement de Laurent. C'est un marginal, immergé dans un microcosme, mais qui va tourner en rond."

Franck Finance-Madureira, "mettez-moi Djanis Bouzyani et Béatrice Dalle dans tous les films"

Pour le critique de Têtu, ce genre de films "marche au charme, il faut adhérer". Et ce qui opère très bien ici, ce sont les acteurs. Franck Finance-Madureira ajoute : "On voit un peu les échos de la dépression post-Covid sur une génération de trentenaire. C'est un peu diffus dans tout le film, et ça en fait une des forces du film. Et puis voilà, mettez-moi Djanis Bouzyani et Béatrice Dalle dans tous les films, je serai content".

Pierre  Murat, "une espèce de quiétude dans cette déprime générale qui m'a beaucoup touchée"

"C'est un film tendre, c'est assez rare dans le cinéma français, c'est un film tendre, et c'est un film sur des inadaptés dont on a envie de partager pendant un temps, peut-être pas tout le temps, parce qu'on les aurait tout le temps sur le dos, peut-être qu'ils finiraient un peu par agacer, mais là pendant quelques minutes, quelques quarts d'heure, on les voit évoluer un peu lentement dans des paysages un peu immobiles et on est avec eux." La scène du photographe arêté dans son virage et qui attend là son sujet, l'a par exemple beaucoup touchée, que fait-il réellement à cet instant ? "C'est rare, dans le cinéma français, cette envie d'être avec les gens, de les regarder et de partager leurs doutes, leurs désillusions, leurs chagrins."

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