Manifestation en soutien aux Iraniens à Istanbul (Turquie), le 11 janvier. - Yasin AKGUL / AFP
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Alors que le régime des mollahs continue d'exercer la terreur sur les manifestants, en promettant des procès rapides et publics contre les "émeutiers", de nombreux Iraniens tentent de fuir en passant par la frontière avec la Turquie.

Au poste-frontière de Kapiköy, à l'est de la Turquie, dans un froid polaire, quelques couples tirent leurs valises. Des hommes seuls, portant de gros sacs, des jeunes du village juste de l'autre côté de la frontière, qui tentent de vendre des cigarettes de contrebande.

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Sur les visages fermés, la même tristesse, la même inquiétude aussi parfois. Ils sont venus "de ce côté-ci en Turquie", disent-ils, en attendant le pas pour trouver un peu d'Internet, se reconnecter au monde.

A l'approche des journalistes, beaucoup se détournent : un homme souffle qu'il y a "beaucoup d'espions turcs, mais aussi iraniens", et qu'il est "dangereux" de parler aux journalistes.

"J'ai vu la mort"

Certains acceptent de lâcher quelques mots, comme ce couple qui raconte "les centaines de morts dans les rues de Téhéran, les slogans contre Ali Ramenei et les tirs qui fusent immédiatement en pleine tête".

Tous le disent, ils n'ont "jamais connu une telle répression". Un jeune a manifesté "le visage masqué", chuchote-t-il, "j'ai vu la mort, celle de mes amis tomber sous les rafales de mitraillettes". Il a pris la fuite. Il y a du désespoir aussi chez ceux qui acceptent de parler, ils ne croient pas à un en un changement de régime rapide.

La Maison-Blanche continue de faire pression, mais l'Iran se dit capable de riposter à d'éventuelles frappes américaines. Washington a donc décidé de retirer une partie de son personnel de la région par mesure de précaution, et les tensions régionales s'accroissent.

"Plus de 10.000 arrestations"

Au moins 3.428 manifestants ont été tués en Iran depuis le début du mouvement de contestation contre le pouvoir, a annoncé mercredi l'ONG Iran Human Rights (IHR), qui a également fait état de plus de 10.000 arrestations.

La forte hausse par rapport au bilan précédent s'explique par "de nouvelles informations reçues de sources au sein des ministères iraniens de la Santé et de l'Education", précise cette organisation basée en Norvège.

"Ce chiffre est un minimum absolu", avertit IHR, qui indique avoir reçu "de nouveaux rapports et témoignages montrant davantage encore l'ampleur de la violence".

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