Mondialement reconnu pour ses travaux sur les ondelettes, il est entre autres l'inventeur du format JPEG 2000, Stéphane Mallat a reçu la médaille d'or du CNRS en décembre dernier pour l'ensemble de ses recherches en mathématiques à la fois théoriques et appliquées.
- Stéphane Mallat, titulaire de la chaire Sciences des Données du Collège de France, et à l’ENS au département informatique. Médaille d'or CNRS 2025.
C'est aux États-Unis que Stéphane Mallat prend goût à la recherche en mathématiques appliquées aux côtés notamment de Ruzena Bajcsy, professeure de génie électrique et informatique, ingénieure, pionnière dans le traitement d'images. En 1988, il soutient une thèse en maths appliquées au traitement d’images sous la direction de Ruzena Bajcsy. Il rencontre Yves Meyer à la fin des années 1980 qui fonde et développe la théorie moderne des ondelettes, une méthode qui permet de stocker des données avec peu de mémoire et de les analyser efficacement.
"Quand il y a une masse de données, il faut trouver une façon de décrire des données avec le moins de structures possibles, on appelle ça « de façon parcimonieuse » et les ondelettes sont apparues dans ce cadre", explique Stéphane Mallat. Après avoir fondé la start-up Letit Wave en 2001, il reprend le chemin de la recherche en 2007 et s'intéresse aux travaux sur les réseaux de neurones dont ont comprend les résultats algorithmiques mais dont on comprend mal le fonctionnement. Le mathématicien a le soucis de la transmission en mathématiques, et il crée en 2022 la start-up MathAData pour comprendre les mathématiques du programme à partir de problèmes concrets en collaboration avec les enseignants.
Stéphane Mallat est professeur au Département d'informatique de l’ENS- PSL depuis 2012, et titulaire de la chaire « science des données » au Collège de France.
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L'influence de Henri Poincaré et l'élégance en mathématiques
Le mathématicien et physicien Henri Poincaré écrivait en 1908 dans Sciences et méthodes, que "les mathématiciens attachent une grande importance à l'élégance de leurs méthodes et de leurs résultats". "On est tous en quête d'élégance", acquiesce Stéphane Mallat. Et il y a cette même recherche dans toutes les mathématiques, car "les mathématiques, c'est vraiment un chemin qui va aller du monde tel qu'il est, des questions qu'on se pose, à une formalisation, une façon de penser le monde. Et puis il y aura une forme d'autonomie où on pourra penser avec ces concepts mathématiques et faire un retour. Donc il n'y a pas d'opposition, c'est vraiment un chemin. Et dans ce chemin on peut se positionner à différents endroits, soit travailler plutôt sur ce pont, ou alors travailler véritablement sur l'avancée des concepts abstraits suivant l'intérêt de chacun".
À écouter
Le mathématicien se dit admiratif de Henri Poincaré. Il s'est aperçu que son propre chemin l'avait emmené dans les pas de son illustre prédécesseur. "Cette recherche du général, cette façon de penser l'enseignement, où on ne met pas d'abord l'abstraction, mais on crée un chemin de l'abstraction, cette façon de penser l'intuition en mathématiques."
Tout comme Poincaré, les mathématiciens faisaient auparavant le pont avec la physique, la philosophie ou l'astronomie. Ce chemin fut très naturel jusqu'au 19e siècle avant les spécialisations du 20e siècles pour les mathématiques pures ou "les interfaces".
La suite de cette discussion avec Stéphane Mallat s'écoute dans cette émission...
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