Figure de proue de la techno en France et à l'étranger, référence majeure pour les DJ comme pour les clubbers et les passionnés, Laurent Garnier fait sa Radio de... sur France Inter. L'occasion de raconter les origines de sa passion pour la musique, bien avant la Haçienda de Manchester.
- Laurent Garnier, dJ, compositeur, et producteur français de musique électronique.
Sa playlist
Morton Gould "Spirituals For Orchestra.IV. Protest"
"Je suis tout jeune quand je découvre le générique de l'émission "Les Dossiers de l'écran". Le morceau me fait très peur et en même temps, il a fondamentalement marqué ma vie : il m'a fait comprendre que la musique pouvait procurer des émotions très fortes."
Titanic "Santa Fé"
"Dans les années 70, mes parents invitent régulièrement des amis et de mon lit, j’entends la musique tandis que les adultes dansent. Certains 45 tours captent mon attention et me font prendre conscience de la puissance de la musique et de son pouvoir sur le bonheur des gens. Parmi eux, Santa Fé, que mon père a acheté pour le manège, me donne irrésistiblement envie de danser. Quelques années plus tard, cette fascination me mènera à monter sur scène pour la première fois".
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Annie Cordy "Pedro"
"Mon frère, de six ans mon aîné est passionné de spectacles. Il fait de moi, qui ai huit ans à l'époque, son cobaye. Il me fait alors apprendre "Pedro" par cœur sans que je ne comprenne la portée des paroles et dans ma chambre d'enfant, ma grand-mère et lui forment mon premier public. J’ai interprété ce morceau une centaine de fois, vêtu d’une robe et d’une perruque, offrant ainsi, sans le savoir, mon premier spectacle burlesque. Vingt ans plus tard, alors qu’on me demande de choisir un pseudonyme pour mon premier job de DJ à l’Hacienda de Manchester, lors d’une soirée appelée "Zumbar", il me faut un prénom espagnol. Je choisis alors Pedro, donnant naissance à mon nom de DJ Pedro".
Barry White "You're The First, The Last, My Everything"
"Je vais chez ma tante et je m'ennuie, ses enfants ne sont pas là et je demande si j'ai le droit d'écouter les 45 tours qui sont dans la chambre de mon cousin. Je joue un disque sur son petit pick up, c'est Barry White "You're The First, The Last, My Everything" : ça me retourne. Je me prends une gifle. Sa voix, l'orchestration, la chaleur, je n'avais jamais entendu cela auparavant. Je me dis ce disque est trop important pour que mon cousin comprenne la dimension "orgasmique" de ce disque, je n'ai pourtant que huit ans. Je mets le disque dans mon sac et je pars avec. S'il le cherche aujourd'hui, il est chez moi".
À écouter aussi
Jean Yanne "Chobizenesse"
"1976, mon frère a seize ans, il fait des spectacles : pour les personnes âgées de Bougival où nous habitons mais aussi pour ses copains de classe. À l'occasion du bicentenaire de l'indépendance des Etats Unis, la chanson d'ouverture du spectacle me fait découvrir Jean Yanne. À dix ans, je ne comprends pas tout ses films mais je remarque que des figures comme lui, Thierry Le Luron ou Mourousi critiquent la société. Cela m’interpelle, même si je ne saisis pas tout, cela m’intéresse autant que la musique, mais d’une manière différente. Je commence à comprendre qu'il y a des gens différents qui ont envie de faire bouger les codes et les limites".
The People's Choice "Party Is A Groovy Thing"
"Encore trop jeune pour connaître le monde de la nuit, j’entends parler de cette musique grâce à mon grand frère, qui écoute déjà un peu de disco. Un jour, je découvre un disque avec un tampon indiquant "numéro un des clubs" et, en l’écoutant, je le trouve irrésistible. Je réalise que c’est cette musique qui fait vibrer les clubs, et je veux en faire partie, l’écouter toute ma vie. Il s’agit de Party et The Groovy Thing de People's Choice, sorti sur Philadelphia International Records, un label qui a posé les bases du disco".
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Daniel Humair "Générique Journal Antenne 2 (1977)
"En 1977, j'entends le générique du Journal d'Antenne 2, à onze ans, je me prends une claque phénoménale. Qu'est ce que c'est que cette musique de l'espace ? Avec quel instrument font-ils cela ? Je ne savais pas qu'il y avait des machines. Dix ans plus tard, on aurait appelé ça de la techno. Beaucoup plus tard, je tomberai dans la techno et je crois que c'est normal parce que ça a été un des sons fondateurs pour moi".
Nina Hagen Band "Pank"
"En 1978, un disque marque un tournant pour moi et me fait comprendre l’importance du mouvement punk anglais. Pourtant, c’est par une artiste allemande que je découvre cette musique brute et intense. En l’écoutant, ma mère, choquée, me demande ce que c’est, et je réalise alors que mes goûts divergent de ceux de ma famille. Mon frère, amateur de comédies musicales et de soul, ne partage pas mon engouement. Pour la première fois, j’ai l’impression de m’approprier une musique qui m’appartient vraiment, même si les autres la détestent".
Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve "Dieu Fumeur de Havanes"
"Mon frère devenu restaurateur, organise des spectacles dans son établissement. De mon côté, je rêve de devenir DJ et de découvrir le monde de la nuit, mais je suis trop jeune pour sortir. Pour y parvenir, je travaille dans son restaurant en faisant la plonge, en échange de sorties en boîte avec lui et ses amis. Sachant mon ambition, il me propose de mixer lors des spectacles qu’il organise, notamment des shows de travestis. Mais pour y participer, il me demande de chanter sur scène. Avec ma copine de l’époque, nous avons interprété cette chanson ensemble pendant deux ou trois ans".
Rythm is Rythm (Derrick May) "Nude Photo"
"En 1987, alors que je vis à Manchester, la house et l’acid house débarquent massivement des Etats Unis. Plus rugueuses et brutes que le disco, elles conservent encore des liens avec la funk, la soul et la musique noire. Mais un jour, j’entends un disque qui brise totalement les codes. Ses sons mystérieux et ses machines inconnues me fascinent. Surtout, je découvre qu’une musique destinée à faire danser peut aussi transmettre de la mélancolie. Ce mélange entre puissance rythmique et émotion me marque profondément".
Nina Simone "Plain Gold Ring" (Live in New York 1964)
" De retour en France en 1990, je commence à travailler à la radio, notamment à Radio Nova, où je rencontre Jean-François Bizot. Un jour il me fait découvrir la version live de "Plain Gold Ring" au Carnegie Hall à New York en 1964. Je suis resté entre onze et douze à Nova et Jean-François m'a partagé des cartons de disques mais c'est celui qui m'a le plus bouleversé. Quand je l'ai découvert, je connaissais Nina Simone, mais cette version live a une telle puissance. C'est tellement fort en écoutant ce disque par rapport à la version enregistrée au studio. Plus tard, en écrivant Electrochoc avec David Brun-Lambert, également fan de Nina Simone, j'ai toujours gardé précieusement ce morceau sans le lui faire écouter jusqu'à notre passage à France Inter pour présenter le livre. Lors de la diffusion, David était en larmes".
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Massive Attack "Unfinished Sympathy"
"En 1991, la house et la techno commencent à se démocratiser, malgré le scepticisme des médias qui prédisaient une mode éphémère. Des artistes plus grand public comme Orbital, Prodigy et Massive Attack s’approprient la musique électronique, la rendant accessible aussi bien en club qu’à la maison. Ces groupes en la rendant un un tout petit peu plus populaire ont permis de faire accepter aux gens que même la musique générée par ordinateur c'est de la musique. Quand je joue ce morceau, 30 après, j'ai toujours la chair de poule."
Alain Bashung "Résidents de la République"
"Au début des années 2000, alors que la techno et la house gagnent en reconnaissance institutionnelle, je ressens le besoin de m’en détacher et d’explorer de nouvelles inspirations. Je m’oriente vers la musique acoustique, la composition pour ballets et le live sans platines, sous l’impulsion d'Erik Morand. C’est à cette période qu’Alain Bashung rentre dans sa vie, dont la musique organique et sombre l’influence profondément. Son album Cloud Making Machine reflète ce changement, avec des sonorités plus expérimentales et introspectives. Je vais traverser différentes phases musicales, dont une « phase Bashung » marquante, durant laquelle j'écoute en boucle Fantaisie militaire, L’Imprudence et Bleu pétrole".
Miles Davis "So What"
À la même période, je commence à m’intéresser au jazz, un univers que je ne connais pas mais qui me nourrit différemment de la techno. Après un concert à l’Olympia, je rencontre le saxophoniste Philippe Nadeau, qui va une personne importante dans ma vie. Lors d’une tournée aux États-Unis, Nadeau m'offre Kind of Blue de Miles Davis, me le présentant comme la base pour comprendre le jazz. Ce disque est l’un de mes albums de chevet, je l'ai écouté des milliers de fois et il m'a amené à explorer davantage de musiques. C'est la force de la musique d’éveiller la curiosité et de pousser à la découverte.
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Son actu
Sur FIP son émission [DEEP]Search diffusé les premiers samedis du mois, de 22 heures à 0h30
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