C'est le plus célèbre des examens, c'est un rite de passage, et aussi une source de gags inépuisable : le permis de conduire inspire films, sketches et chansons depuis près d'un siècle.
Un million et demi de personnes passent chaque année l'examen du permis de conduire : c'est deux fois plus que le nombre de candidats au baccalauréat. Qu'on l'aie obtenu du premier coup, raté 3 fois ou jamais passé, chacun a son histoire avec le permis. Né il y a un siècle, en 1922, l'examen inspire les chansonniers dès les années 30. Comme Jo Bouillon et son orchestre en 1936, dans "Permis de conduire".
Pour obtenir son permis de conduire
Faut de la mémoire, du calme et du sang-froid
Surtout pas de nerfs et garder le sourire
Tout ira bien si chacun marche droit
[...]
- Laissez-moi vous dire, quoique vos réponses me laissent un peu rêveur,
je vous accorde votre permis de conduire pour les brouettes et les triporteurs.
- Merci, Monsieur. Vous êtes bien gentil, ne vous frappez pas.
On roulera sans permis !
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Les inspecteurs sont déjà des peaux de vaches et les conducteurs des irresponsables; les affres de l'examen du permis sont une source de comique inépuisable. Certains se souviennent du sketch mythique de Jean Yanne et Lawrence Riesner en 1967, avec un candidat qui HAIT les routes départementales au point de presque étrangler l'examinateur. Dans "Permis de conduire un orchestre", en 1964, Michel Serrault et Jean Poiret détournent avec génie cette figure obligée. Dans les films d'action, la voiture auto école qui zigzague, conduite par un novice ou braquée par Jean-Paul Belmondo dans "Flic ou voyou" de Georges Lautner en 1979, devient l'ingrédient qui pimente la classique poursuite automobile.
Dans les années 70, le permis devient aussi le symbole du passage à l'âge adulte
Avec l'émergence de la jeunesse dans la société comme une catégorie à part entière, avoir une voiture à soi devient une aspiration à la liberté. En 1978, Renaud a 26 ans quand il chante "La tire à Dédé".
Quand Dédé en tenait un coup dans les naseaux
Bien qu'j'ai pas mon permis, c'est moi qui conduisait
J'prenais qu'les sens uniques pour semer les perdreaux
Et j'bouclais ma ceinture parc'que j'suis pas givré
On embarquait des grosses qui rodaient en banlieue
Et qu'attendait que nous pour s'éclater un peu
"Allez, montez les filles, on s'arrache en vacances"
Dix bornes plus loin on leur f'sait l'coup d'la panne d'essence
Dans la tire à Dédé
J'en ai fait des virées
Quand j'y repense aujourd'hui
Sur ma mob je m'ennuie
L'obtention du permis accompagne aussi l'émancipation des femmes et la conquête de leur indépendance. En 1967, seulement 22 % des femmes ont le permis. Elles sont 50% en 1981, et 70% aujourd'hui. Ce qui ne se fait pas évidemment sans une certaine résistance, comme le chante Anne Sylvestre en 1998 dans "La reine du créneau".
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Quand j'ai eu mon permis tout neuf
Du premier coup, c'est pas du bluff,
J'ai compris qu' j'avais intérêt
A rester aux aguets
Que simplement, on m'imagine
Dans ma deux-chevaux d'origine
Affrontant mon premier trottoir
Le cœur rempli d'espoir
Je voulais que ma manœuvre
Fût un vrai petit chef d'œuvre
Mais je n'entendais que trop
Tous les clients d'un bistrot
Me beugler leurs commentaires
"Mais passe-la, ta marche arrière !
Ah, j'vous jure, ah les nanas
Heureus'ment qu'on est là !"
Ces abrutis pleins de Pernod
Ils m'ont fait rater mon créneau
Depuis toujours, existe un clivage entre les jeunes des villes et ceux de la périphérie : pour eux, pas de permis ni de voiture, ça veut dire pas de travail. Une réalité que chantaient en 2010 les rappeurs de Sexion d'Assaut dans "Itinéraire d'un chômeur"
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Il serait temps qu'tu dégotes un CDI
Qu't'aies des fiches de paie, d'la pesa, du zeill' et du crédit
Franchement t'es grave, en plus sérieux faudrait que t'arrêtes de boire
De posticher sur Ze-Art, putain mais té-ma l'age que t'as
25 piges, même pas foutu d'passer l'permis d'conduire
Branleur de première, gros, j'te l'confirme
Le genre de type, qui s'lève en trompe, qui mate les clips sur MTV
Sans diplôme, qu'a plein d'amendes, bref, en gros qui fout rien d'sa vie
(Ouais tu fous rien de ta vie quoi), Paraît qu'tu fous rien d'la maine-se
Parait qu'tu glandes, et qu't'es radié d'l' ANPE
(Ouais ils t'ont viré quoi) Cousin t'as bientôt la trentaine
(Ouais t'as bientôt 30 ans quoi)
Seul diplôme qui traverse les générations et les classes sociales; l'un des derniers rituels du passage à l'âge adulte, source infinie de gags ou métaphore des galères de la vie - "Le permis était devenu mon secret, ma croix, ma blessure honteuse" écrit Gaspard Koenig dans "Leçons de conduite" - l'ex papier rose n'est pas près de disparaitre des films, livres et chansons.
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