Avec Raphaël Glucksmann, co-président de Place Publique, député européen.
"Il y a une sorte de blocage au sein de l'Union européenne qui refuse de prendre des actions", déplore Raphaël Glucksmann. Pour le co-président de Place Publique, "les mots ne suffisent plus". Il appelle notamment à agir pour "que le régime des mollahs tombe" en Iran alors que la répression des manifestations s'accentue dans le pays. "Quand vous avez un peuple dont le seul crime est de vouloir vivre libre qui se fait massacrer dans les rues , vous devez agir", clame l'eurodéputé qui ne "supporte plus" les communiqués de l'Union européenne. "Nous ne sommes pas des commentateurs de l'histoire", affirme Raphaël Glucksmann.
Des leviers d'action contre le régime iranien
L'Europe a plusieurs leviers d'action pour soutenir le peuple iranien, estime l'eurodéputé, comme placer les Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. "Ça nous permettra d'aller traquer les financements des Gardiens de la révolution, de cibler leurs leaders" et de "couper toute relation commerciale, financière, politique", souligne le leader de Place publique.
Raphaël Glucksmann refuse de laisser seuls les États-Unis décider du sort de l'Iran, alors que Donald Trump a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement. "Je ne fais aucune confiance aux actions unilatérales de Donald Trump", insiste l'eurodéputé. "Donc, il faut que l'Europe agisse."
Préparer un plan en cas d'agression américaine
D'autant que le président américain "est aussi une menace qui pèse sur l'Europe aujourd'hui", alerte Raphaël Glucksmann. Il reproche là encore aux Européens leur passivité face aux menaces répétées de Donald Trump de s'emparer du Groenland, territoire autonome contrôlé par le Danemark. Raphaël Glucksmann appelle à "mettre en place un plan d'action pour répondre à une agression américaine" visant à "exclure les entreprises américaines des marchés publics européens" et à "bloquer les exportations dans les secteurs stratégiques pour les États-Unis", explique l'eurodéputé.
Une victoire du RN en 2027 "pas inéluctable"
Alors que le procès en appel des dirigeants du Rassemblement national dans l'affaire des assistants parlementaires européens débute ce mardi 13 janvier, pour Raphaël Glucksmann "que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella" le candidat du RN pour la présidentielle de 2027, "nous assumerons le combat politique contre le Rassemblement national".
"Ce qui m'inquète, ce n'est pas tant la force du Rassemblement national que cette tendance à la résignation que j'observe en particulier parmi les élites françaises, comme si désormais l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite était devenue inéluctable", explique l'eurodéputé.
"Moi je pense que la France ne se donnera pas à l'extrême droite, qu'elle ne se donnera pas aux pantins de Poutine, aux pantins de Trump, et qu'il y aura un sursaut républicain."
Traité Mercosur : "ce n'est pas fini"
"Le jeu n'est pas fini" concernant le traité de libre-échange entr l'UE et le Mercosur, assure Raphaël Glucksmann. "C'est mon message aux agriculteurs". Selon lui, il reste "un organe qui peut refuser le Mercosur, c'est le Parlement européen, et je vous le dis, nous y travaillons en ce moment même."
"Nous allons, soit en janvier la semaine prochaine, soit en février, nous prononcer sur la saisie de la Cour de justice de l'Union européenne sur la légalité de cet accord, détaille le co-président de Place Publique. Ensuite, nous voterons sur l'accord lui-même si jamais il n'y a pas d'annulation suite à cette saisie de la Cour de justice européenne. Et au moment où on se parle, c'est extrêmement difficile de savoir s'il y aura une majorité pour ou contre l'accord."
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