Dominique de Villepin ©Radio France - Grégoire Nicolet
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Dominique de Villepin ©Radio France - Grégoire Nicolet
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Pour Dominique de Villepin, face à la capture du président vénézuelien ou les vues de Donald Trump sur le Groenland, “l’Europe n’a pas ouvert les yeux et continue à vouloir imaginer que les Etats-Unis sont de parfaits alliés”.

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“Il était important” que le président français précise sa première réaction à l’arrestation de Nicolas Maduro par les Etats-Unis, a estimé mardi sur France Inter l’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin. “Le droit international, ce n’est pas uniquement pour en causer, c’est une règle commune, un garde-fou qui permet d’éviter d’aller plus loin dans la violence et la tentation impériale qui saisit aujourd’hui le monde, donc le président a bien fait de corriger et de prendre date”, estime-t-il.

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Emmanuel Macron a affirmé lundi en Conseil des ministres que la “méthode utilisée” pour capturer le président vénézuélien n'était “ni soutenue ni approuvée” par la France. Dans un premier temps, il s'était borné à appeler à une “transition pacifique” et “démocratique” dans le pays, estimant que le peuple vénézuélien ne pouvait que se “réjouir” d'être “débarrassé” de la “dictature Maduro”, réaction vivement critiquée par la gauche française.

“L’Europe n’a pas ouvert les yeux”

“Nous sommes”, poursuit Dominique de Villepin, “dans un continuum, des événements qui se succèdent”, rappelant que “depuis 2003, la France avait imposé une sorte de doctrine du respect du droit international, du multilatéralisme et de refuser le récit civilisationnel sur lequel s’appuie Donald Trump et un certain nombre de grands Etats impériaux”. Selon lui, “si nous voulons lancer un avertissement aux Etats-Unis sur les risques que courent la société internationale, il faut le faire extrêmement fortement, ce ne sont pas seulement des mots que de rappeler les conséquences de ces choix de violence, on l’a vécu avec l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, le Sahel…”

S’agissant du Vénézuela, l’ancien ministre souligne l’incohérence des Etats-Unis qui “ont choisi de changer une personne, le président mal ou non-élu, cause de grands drames et grandes souffrances pour ce pays” tout en laissant le régime bolivarien en place. Il regrette que “le court termisme” l’ait “emporté en politique sur ce qui doit constituer la règle essentielle, la responsabilité” et liste plusieurs occasions manquée s’agissant de l’Ukraine, du Proche-Orient, les traités commerciaux, le numérique. Des positions plus fermes auraient, selon lui, permis de “marquer l’engagement européen à faire respecter le droit international”.

Pour Dominique de Villepin, “l’Europe n’a pas ouvert les yeux et continue à vouloir imaginer que les Etats-Unis sont de parfaits alliés”. Si Donald Trump “pousse plus loin sa décision d’avancer au Groeland, il faudra constater que cette alliance fait défaut, en tirer les conséquences en ce qui concerne l’Otan et l’Union européenne”. Nous avons, dit-il, “le pouvoir et le devoir de dire non”, citant la position de la France sur l’invasion de l’Irak en 2003 à laquelle la France, par sa voix, s’était opposée. L’ancien ministre estime que ce qui a valu pour la Russie, dans le cas de l’agression de l’Ukraine, “la question doit être posée en symétrique pour les Etats-Unis” au sujet du Groenland.

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