On évoque la question du Groenland à 8h20 avec Pierre Haski, éditorialiste, Mikaa Blugeon-Mered, chercheur senior en géopolitique de la transition énergétique à l'Université du Québec à Trois-Rivières et Naaja Nathanielsen, ministre groenlandaise de l’Économie, l’Énergie et des Ressources minérales.
- Pierre Haski, journaliste, chroniqueur géopolitique à France Inter
- Mikaa Blugeon-Mered, chercheur senior en géopolitique de la transition énergétique à l’université du Québec à Trois Rivières
- Naaja Nathanielsen, femme politique groenlandaise
Alors que Donald Trump multiplie les déclarations belliqueuses envers le Groenland et le Danemark, Naaja Nathanielsen l'assure : "Nous n'apprécions pas du tout ce type de discours. Et nous récusons cette idée d'acquérir le Groenland comme si c'était un bien ou de l'envahir par la force militaire. Nous sommes un petit pays, nous comptons sur l'ordre international, sur le droit international et le dialogue ! Pour nous, le seul chemin viable pour avancer, c'est celui-là."
Les États-Unis ont un œil sur le Groenland depuis plusieurs décennies, mais le nouveau mandat de Trump a marqué une accélération plus brutale. "On ne sait pas vraiment ce qui a changé", explique la ministre groenlandaise. "C'est pour ça qu'on est très heureux de pouvoir avoir un dialogue direct avec l'administration américaine, qui devrait se faire la semaine prochaine. Nous considérons que nous faisons partie de la sphère d'intérêt de la sécurité nationale américaine, et c'est quelque chose que nous acceptons depuis des décennies. Donc nous ne voyons pas de raison pour qu'il soit nécessaire d'utiliser la force pour renforcer cette sécurité. Nous sommes des alliés des États-Unis, tout comme nous sommes un allié de l'OTAN et de l'Union européenne."
"Nous voulons être groenlandais, nous n'avons aucune envie de devenir américains", rappelle-t-elle toutefois. "Et nous ne sommes pas non plus danois : nous voulons être reconnus en tant que peuple et en tant que pays, même si nous sommes très petits et que dans le contexte mondial, nous sommes probablement même assez insignifiants. Mais je crois que ces rapports de force qui ont permis l'existence des colonies par le passé, et qui reviennent aujourd'hui, ne sont pas bénéfiques pour le monde. Ils sont liés à la possession du pouvoir et c'est une approche coloniale en soi, qui laisse très peu d'espace aux petits pays, aux pays les plus pauvres. Nous ne croyons pas à ce rapport au monde, ce n'est pas quelque chose qui a aidé la paix et la prospérité par le passé."
L'équipe
- Journaliste franco-marocain
- Journaliste française

