Ça fait deux semaines maintenant que la population iranienne manifeste contre le régime des mollahs. Une mobilisation dont on peine à discerner les contours, notamment parce qu'Internet est coupé depuis deux jours. Ghazal Golshiri est journaliste au service international du journal Le Monde.
- Ghazal Golshiri, journaliste au Monde
"On assiste à un huis clos en Iran", explique-t-elle. "Par exemple, sur les manifestations d'hier soir, je n'ai pas encore d'infos, parce que les gens avec qui je suis en contact de manière permanente sont des gens qui ont un accès à une antenne Starlink. On estime qu'il y a entre 40 et 50 000 antennes Starlink en Iran, ça coûte très cher. On a des bribes d'informations qui nous parviennent, surtout sur la répression, via les hôpitaux, les cliniques, les gens qui ont perdu un proche... L'ordre de grandeur des chiffres me laisse penser qu'on est déjà à des centaines, voire des milliers de victimes."
"J'ai deux témoignages concordants de deux personnes qui m'ont dit avoir vu des centaines, voire des milliers de dépouilles drapées dans les sacs mortuaires noirs. Par exemple, juste pour la journée de jeudi, à Téhéran et à Karaj, une ville à l'ouest de Téhéran, on est à 300 morts."
Au-delà de la répression, Ghazal Golshiri se dit frappée par "l'étendue du soulèvement", et "le fait que toutes les couches de la société sont descendues dans la rue, tous les âges". "Le mot d'ordre, c'est le rejet du pouvoir, c'est la vie chère, c'est la volonté d'avoir des droits... La vie chère, c'était l'étincelle au début des manifestations, mais tout de suite, vraiment dix minutes après les premiers slogans, la colère s'est tournée vers tout le régime. La chute de la République islamique d'Iran, c'est ça que les gens veulent aujourd'hui dans la rue."
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