Jafar Panahi aux Golden Globes 2025 ©Getty - AMY SUSSMAN
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Avec Jafar Panahi, cinéaste iranien alors que la révolte se poursuit en Iran contre le régime de la République islamique. La répression des manifestations a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon l'ONG Iran Human Rights (IHR).

"Je demande à tous les peuples qui nous entendent de ne pas oublier le peuple iranien", lance le réalisateur iranien Jafar Panahi, alors que la révolte se poursuit contre le régime de la République islamique. Des milliers d'Iraniens manifestent dans les rues depuis le 28 décembre, au prix d'une répression sanglante.

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Ces manifestants "ont besoin que la communauté internationale les aide et les soutienne", appelle le réalisateur d'"Un simple accident", Palme d'or à Cannes. "Tout silence aujourd'hui, à n'importe quel endroit du monde, devra un jour répondre face à l'histoire", alerte Jafar Panahi, en duplex de Los Angeles, où il est en campagne pour les Oscars.

"Il faut en finir"

Pour lui, le régime iranien est "déjà détruit au niveau économique, politique, culturel et même idéologique" et "utilise des armes de guerre pour faire un bain de sang". Face à cela, "le peuple iranien est sans défense" mais "malgré tout, il est dans les rues et crie", souligne le réalisateur, qui se dit "fier d'être Iranien".

"Un grand mouvement n'arrive pas d'un coup. Il y a eu des choses avant", observe Jafar Panahi, mentionnant les vagues de protestation du mouvement vert en 2009 ou de "Femme, vie, liberté" en 2022. "Aujourd'hui, on est au point culminant de révolte", dit-il. "Il faut en finir."

"Parler de ce peuple qui meurt dans les rues"

Jafar Panahi a lui-même été condamné début décembre par contumace à un an de prison pour des "activités de propagande" contre l'État. Il continue cependant d'assurer qu'il rentrera dans son pays, "dans n'importe quelle condition". Aujourd'hui, il n'a aucune nouvelles de sa famille et de ses amis à cause des coupures d'Internet en Iran.

Mais il appelle à ne pas évoquer son cas personnel, "il faut parler de ce peuple qui meurt dans les rues", insiste le réalisateur. Il espère qu'un jour les Iraniens retrouveront "la liberté de respirer" et "le plaisir de vivre".

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