L'Agent secret avec Wagner Moura - Kleber Mendonça Filho
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Le quatrième film de Kleber Mendonça Filho, récompensé par deux prix à Cannes (mise en scène et interprétation masculine pour Wagner Moura), fait débat.

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Thriller politique, L'Agent secret se déroule en 1977 sous la dictature brésilienne. On suit Marcelo, un homme en fuite qui revient à Récif pour revoir son fils. Entre enquête contemporaine menée par deux étudiantes, références au film Les Dents de la mer et reconstitution mémorielle, le film mêle les genres et les époques.

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Franck Finance-Madureira : "Kleber Mendonça Filho, le plus passionnant des cinéastes contemporains "

Pour le journaliste au magazine Têtu, c'est un triomphe : "Il n'y a aucun didactisme dans sa façon de faire du cinéma, c'est lié à des choses très sensorielles." Il salue un réalisateur qui aborde la dictature brésilienne par l'humain et le sentiment, sans jamais asséner d'évidences. "Pour moi, c'est le Tarantino brésilien mais qui aurait réussi son coup ", lance-t-il, et compare le film à Aquarius, qu'il considère comme l'un des plus grands opus du cinéaste.

Pierre Murat : "C'est ça un metteur en scène"

Le  journaliste et auteur partage cet enthousiasme et admire la liberté du réalisateur : "Il prend un scénario et puis il le fait respirer, il y a des échappées belles tout le temps dans le film." Il loue la capacité de Mendonça Filho à passer du romanesque au polar, à filmer avec brio poursuites et meurtres. "C'est un grand film politique qui avance masqué, mais c'est à nous de le découvrir", affirme-t-il, regrettant que le film n'ait pas obtenu la Palme d'or.

À écouter

Murielle Joudet : "Il ne m'habite pas"

La critique de cinéma au Monde se montre plus réservée. Si elle reconnaît "de très belles choses", notamment le regard sensuel posé sur les acteurs, elle exprime une frustration : "Je suis ressortie un peu frustrée du film, je me dis il ne m'habite pas, il ne me hante pas comme il aurait dû me hanter." Elle reproche au film ses "effets de coquetterie", et cite la fameuse jambe poilue dans la gueule du requin, qu'elle trouve "lourdingue". Pour elle, le film "essaye de faire beaucoup de choses" et ressemble trop à Munich de Spielberg, et cherche trop à être à la fois mainstream et film d'auteur sans réussir ni l'un ni l'autre.

Ava Cahen : "Un récit à tiroir passionnant"

La journaliste à frenchmania.fr défend avec force L'Agent secret : "un film brillant, absolument passionnant." Elle apprécie ce "récit à tiroir qui mêle l'intime et le politique" et ce héros qui "résiste aux rôles et aux identités qu'on veut lui asséner". Elle insiste sur la dimension mémorielle du film, qui joue sur les effets miroirs entre les années 1970 et le présent. "Ce n'est pas du tout une reconstitution documentaire de ce qu'étaient les années noires du Brésil, mais une restitution mémorielle, personnelle, sensorielle", conclut-elle, saluant la performance de Wagner Moura.

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