"Existe-il quelqu'un pour me comprendre ?" écrivait-elle à neuf ans. Anaïs Nin a fait de son journal intime son chef-d'œuvre. En 1969, elle se souvient de ses amis Henry Miller et Antonin Artaud, et donne son avis sur les hippies américains.
- Anaïs Nin, écrivaine américaine
Dans le troisième entretien qu'elle donne à Pierre Lhoste en 1969, l'écrivaine Anaïs Nin, qui publie son Journal (1931-1934), revient sur sa relation difficile avec la culture américaine : "Les problèmes personnels se reflètent dans les grands problèmes", éclairant un peu plus loin cette maxime : " je n'ai pas perdu de vue mes conflits avec la culture américaine".
"En Amérique, il y avait une sorte d'interdiction de vie intérieure"
Anaïs Nin livre ainsi à son interlocuteur son point de vue sur son pays d'origine — un point de vue aiguisé : "Aux États-Unis, je lutte contre les préjugés, c'est un pays où il y a tellement de nationalités, qui ne sont pas fondues très bien, dit-elle. Ils font des séparations toujours."
Toujours à propos des États-Unis, elle évoque ses dialogues avec les étudiants américains qui souhaitent la rencontrer : "En Amérique, il y a un tabou sur la vie intérieure qui a fait des dégâts terribles. L'aliénation règne et sépare les êtres humains. Pour pouvoir avoir des rapports avec les autres, il faut exister soi-même et se connaître soi-même."
Le zen, Zadkine et Antonin Artaud
Elle explique également pourquoi les jeunes Américains se sont tournés vers l'Orient. Le zen est une antidote au poison du matérialisme américain : "Il y a un côté chez les hippies qui est très beau, très romantique."
Un peu plus loin dans cet entretien, Anaïs Nin se souvient du sculpteur Zadkine et d'Antonin Artaud, un "écrivain merveilleux" avec lequel elle partageait de longs silences.
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