Gabriella Papadakis, grande championne de patinage artistique, publie un livre "Pour ne pas disparaître" (Robert Laffont). Elle aborde les défis du haut niveau, les injonctions à la féminité et revient sur sa relation avec son ancien partenaire, Guillaume Cizeron.
La patineuse artistique Gabriella Papadakis, cinq fois championne du monde et médaillée d'or olympique, publie ce jour, Pour ne pas disparaître chez Robert Laffont. Dans ce livre, elle revient sur vingt ans de carrière aux côtés de Guillaume Cizeron et dénonce les déséquilibres de pouvoir et les injonctions à la féminité dans le patinage artistique.
Les codes genrés du patinage artistique
Au-delà de son duo avec Cizeron, Gabriella Papadakis dénonce les règles implicites de sa discipline. Elle revient notamment sur le déséquilibre qui existe dès l'enfance : « Il y a beaucoup plus de filles que de garçons, et donc les garçons ont un peu tout le choix, tout le pouvoir, les filles ne l'ont pas, elles sont choisies et traitées des fois comme remplaçables. » Sans partenaire masculin avant 10 ans, une fillette ne peut pas s'entraîner correctement pour la compétition. La championne dénonce également l'obsession de l'apparence dans le patinage féminin : « C'est comme si l'apparence était plus importante que la performance », explique-t-elle, décrivant une « charge de travail énorme pour la femme » entre maquillage, codes de féminité et pression constante des juges. Elle a d'ailleurs commencé à patiner en duo avec une femme au Canada, une pratique désormais autorisée aussi en Angleterre et en Finlande.
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Une relation de duo devenue « source de mal-être »
Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont patiné ensemble pendant vingt ans, depuis leur enfance à Clermont-Ferrand jusqu'à leur sacre olympique. Mais derrière les médailles, la championne décrit une relation profondément déséquilibrée. « À la fin, je ressentais justement que j'étais pas nécessairement maître de ma carrière, de mon corps », confie-t-elle. Elle explique avoir vécu une dynamique où « les hommes sont un peu les dirigeants et les femmes sont dirigées », une situation qu'elle a longtemps normalisée avant de la remettre en question. La patineuse raconte avoir tenté de changer cette dynamique, d'avoir « sa parole respectée », mais « c'était compliqué de changer cette dynamique qui était aussi longue ». Elle va jusqu'à écrire dans son livre que l'idée de se retrouver seule avec lui la terrorise, évoquant une « relation qui a été très difficile à vivre ».
Des violences dénoncées, un système à transformer
Dans son livre, Gabriella Papadakis révèle avoir subi deux viols lorsqu'elle était jeune, dont un par un entraîneur, des traumatismes qu'elle n'a pu nommer que des années plus tard. « C'est un peu à l'image d'un système dans lequel vit encore le patinage, où il y a une espèce de domination masculine qui existe et qui perdure », analyse-t-elle. Pour se libérer et raconter son histoire, il lui a fallu sortir du système : « Quand on est dans un système, les gens avec qui j'étais entourée, on avait des croyances et des valeurs fondamentalement différentes, et pour raconter mon histoire, il fallait être libre. » Gabriella Papadakis conclut sur son expérience d'écriture : « J'ai été honnête et sincère sur mon expérience, sur ma perspective. »
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