Des personnes font la queue devant une épicerie de Caracas, samedi 3 janvier, après l'opération américaine au Venezuela. ©AFP - Jacinto Oliveros
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Après la capture et l'exfiltration aux États-Unis de leur président, Nicolas Maduro, les Vénézuéliens font face à l'instabilité économique et politique. Ils sont nombreux à faire la queue devant les supermarchés de la capitale pour faire des provisions et se préparer au pire.

Il est passé en 48 heures du statut de maître du Venezuela à celui de prisonnier dans une cellule américaine. Nicolas Maduro déchu, capturé et emmené par les États-Unis après une opération militaire d'ampleur, samedi 3 janvier, à Caracas. Le président vénézuélien doit comparaître devant un juge américain et répondre d'accusations de "narcoterrorisme". En attendant une stabilisation, l'intérim est assuré par sa vice-présidente, Delcy Rodriguez, même si Donald Trump assure que les États-Unis vont "diriger" le pays tant qu'il n'y aura pas de transition "sûre".

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Les Vénézuéliens nagent donc maintenant dans l'instabilité économique, politique et institutionnelle la plus totale. "Comme toujours dans ces cas-là et dans le monde entier, il faut faire des provisions, parce que nous ne savons pas de quoi demain sera fait", témoigne un Vénézuélien qui fait la queue devant un supermarché de Caracas. Devant tous les magasins ouverts de la capitale, des centaines de mètres de file d'attente. Après les attaques et la capture de leurs présidents, les habitants s'organisent pour affronter le pire. "Nous n'avons aucune idée de ce qu'il se passe, c'est l'incertitude totale, et cette incertitude crée encore plus de confusion", explique un autre habitant de Caracas. "Les gens se préparent, car on ne sait pas combien de temps tout cela va durer", ajoute-t-il.

"Nous voulons continuer à être libres"

Les Vénézuéliens, pourtant habitués aux crises ces dernières années, sont sous le choc. "Nous n'avions jamais été dans une situation pareille, les gens sont terrifiés, c'est tout ce que l'on peut dire pour le moment, nous sommes entre l'incertitude et la peur", reprend le deuxième homme.

Côté partisan de Nicolas Maduro, c'est également l'angoisse qui règne, comme l'explique cette retraitée au bord des larmes : "Nous voulons le retour de notre président. Qu'est-ce qui leur prend de faire une chose pareille ? Nous voulons continuer à être libres. Je prie la vierge pour qu'elle nous rende notre dirigeant." Aujourd'hui, les Vénézuéliens ne savent pas qui dirige leur pays et s'apprêtent à passer des jours très sombres.

L'équipe

  • Alice Campaignolle
    Journaliste
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