Au cœur des « Aiguilles de Chamonix », l’Aiguille de la République est un sommet connu pour être à peine praticable, voire inaccessible. ©Radio France - Chloé Akam
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L’Aiguille de la République est ce sommet réputé imprenable qu’ont pourtant gravi en 1904 deux hommes dans des conditions épiques ! Cent ans plus tard, l’écrivain Sylvain Tesson raconte à Lionel Cariou, journaliste à ICI Isère, son nouveau défi : tenter l'ascension dans les mêmes conditions.

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Au cœur des « Aiguilles de Chamonix », l’Aiguille de la République est un sommet connu pour être à peine praticable, voire inaccessible. Et pourtant, en 1904, deux hommes réussissent son ascension grâce à un stratagème audacieux et inattendu. Plus d’un siècle après cet exploit, en septembre 2018, Sylvain Tesson, en compagnie de trois amis, ose se lancer à son tour sur les traces de ces deux pionniers… en recourant à la même technique. Lionel Cariou, journaliste à ICI Isère, raconte leur aventure  dans cet épisode du podcast La folie des hauteurs proposé par ICI.

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Un défi de rêve pour un alpiniste

L’écrivain-voyageur Sylvain Tesson, auteur, entre autres, de récits comme La panthère des neiges ou Sur les chemins noirs, compte parmi ses amitiés Cathy Simond, l’arrière-arrière-petite-fille de Joseph Simond, le guide alpin qui, le premier, a gravi l’Aiguille de la République. Une flèche de granit qui culmine à 3  305 mètres et surplombe la Mer de Glace.

Cette habitante de Chamonix et amoureuse de la montagne est donc partie à l’assaut de cette Aiguille, avec Jean-Christophe Rufin, écrivain et amateur d’alpinisme, Daniel Du Lac, guide de haute montagne, et bien sûr Sylvain Tesson. Et c'est dans l’établissement de cette descendante de Joseph Simond qu’est né le projet, à 1  600 mètres d’altitude, raconte Sylvain Tesson au micro du journaliste Lionel Cariou dans cet épisode du podcast La folie des hauteurs proposé par ICI.

L’époque de l’alpinisme acrobatique

Si, au tournant des 19e et 20e siècles, le sommet de cette montagne reste encore à atteindre, c'est parce qu’elle compte au nombre des plus difficiles. Lorsque Joseph Simond et son client, Hyppolyte-Emile Beaujard, s’élancent sur les pentes de l’Aiguille de la République, ils ont pleinement conscience de l’immensité de leur défi.

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« Au sommet de l’Aiguille de la République », explique le guide Daniel Du Lac avec lequel Sylvain Tesson écume les sommets depuis de nombreuses années, au micro du journaliste Lionel Cariou pour ICI Isère, « il y a une espèce de monolithe d'une vingtaine de mètres de haut, lisse et dépourvu de toute fissure. C'est un parapet, un pilastre impossible à grimper avec les techniques de l'époque et même avec les techniques modernes et les chaussons d'escalade modernes, cela reste très compliqué. »

L'Aiguille de la République, cette flèche de granit vertigineuse qui culmine à 3 305 mètres et surplombe la Mer de Glace.
L'Aiguille de la République, cette flèche de granit vertigineuse qui culmine à 3 305 mètres et surplombe la Mer de Glace.
- Jean-Christophe Rufin

Il fallait être une force de la nature, avoir « un caractère bien trempé et déterminé » précise Cathy Simond au sujet de son aïeul. Qui ajoute que, avant d’entreprendre cette nouvelle ascension, il avait ouvert deux itinéraires sur des sommets difficiles du massif du Mont-Blanc : la face sud-ouest de la Dent du Requin, à 3  422 mètres et la face ouest de l’Aiguille du Plan, à 3  673 mètres d’altitude.

L’idée qui rendrait possible la réussite de l’expédition…

Au début du 20e siècle, quand l’escalade devenait trop difficile, les grimpeurs avaient pour habitude de lancer une corde avec l’idée de la faire passer par-dessus la cime… Charge ensuite à l’un des membres de l’expédition d’en récupérer l’extrémité pour faire contrepoids et permettre ainsi à ses camarades de se hisser jusqu’au sommet.

Mais, ce jour-là, Joseph Simond et son client échouent et se retrouvent donc, littéralement, au pied de ce mur de roche, et contraints de redescendre dans la vallée. Le guide refuse de baisser les bras. Avec une idée en tête, il prend contact avec une armurerie parisienne. Quatre jours plus tard, un colis lui est livré qui contient… une arbalète ! Un engin dont la puissance devrait permettre à la corde de passer au-dessus du sommet.

Les deux hommes, aidés de deux porteurs, reprennent leur ascension. Après deux heures de marche, à 3 300 mètres d’altitude, les voilà de nouveau sur la plateforme, au pied du mur final.

Joseph Simond saisit alors l’arbalète et vise juste légèrement au-dessus de la pointe de l’Aiguille. La corde sera-t-elle entraînée avec suffisamment de force pour franchir l’obstacle ?

Comme un hommage respectueux…

Sylvain Tesson et ses amis sur les traces de Joseph Simond, ce pionnier du début du 20e siècle…
Sylvain Tesson et ses amis sur les traces de Joseph Simond, ce pionnier du début du 20e siècle…
- Jean-Christophe Rufin

C'est avec ces images présentes à l’esprit que, un peu plus d’un siècle après eux, Sylvain Tesson et ses amis se lancent, à leur tour, sur les traces de ces pionniers du début du 20e siècle…

Cet épisode du podcast La folie des hauteurs  a été conçu par les équipes de ICI Isère

  • Récit documentaire et reportages : Sophie Cuenot
  • Narration : Lionel Cariou
  • Rédaction en chef : Lionel Cariou
  • Mixage : Simon Berthier
  • Production : Christine Siméone-Giocanti – Studio de création ICI
  • Rédaction du texte web : Paule Paganon
  • Remerciements : Cathy Simond, arrière-arrière-petite-fille de Joseph Simond, Sylvain Tesson, Daniel Du Lac

Un merci particulier à Jean-Christophe Rufin, qui s’est inspiré de cette histoire pour son roman Les flammes de pierre (Gallimard, 2021), pour ses photos.

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