Des Rhinopithèques de Roxelane au Zooparc de Beauval (Saint-Aignan, France), le 7 mai 2025 ©AFP - GUILLAUME SOUVANT
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Une étude parue dans la revue Nature Ecology and Evolution démontre qu'au-delà de facteurs génétiques, les comportements sexuels entre individus du même sexe chez les primates non-humain sont influencés par les pressions sociales et écologiques.

C'est une étude "révolutionnaire" selon certains chercheurs :  une équipe de biologie de l’évolution de l’Imperial College à Londres montre pour la première fois comment les pressions écologiques et sociales sont à l’origine d’interactions sexuelles entre individus du même sexe chez les primates non-humains.

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Il ne s’agit pas de documenter l’homosexualité chez les animaux, déjà fait pour près de 1 500 espèces, mais d’une étude pour comprendre ce qui influence l'évolution, au-delà des facteurs génétiques.

Les chercheurs ont travaillé sur 491 espèces de primates, et ils ont relevé ce qu’ils appellent des "comportements sexuels entre individus du même sexe", comprenant des chevauchements, des touchers génitaux, ou des fellations, chez 59 espèces, dont 23 où c’est récurrent. Mâles et femelles concerné(e)s, avec plutôt des physiques très différents.

Ces comportements, écrivent-ils, sont "une composante persistante et intégrée aux répertoires sociaux des primates".

Moins de stress, plus de cohésion, et une meilleure survie à l'arrivée

Des comportements sexuels plus probables chez des espèces vivant dans des environnements très arides, avec des ressources alimentaires rares, et une grosse pression niveau prédateurs.

Exemple, les macaques de Barbarie, qui vivent au nord du Sahara, ou les rhinopithèques de Roxellane, les « singes dorés », dans le climat très rigoureux des montagnes chinoises : l’étude affirme que les relations sexuelles entre mêmes sexes, en plus du toilettage, améliorent l’adaptation à l’environnement, en atténuant le stress physique, ça aide donc à gérer les tensions en cas de stress intense…

Idem pour le vervet en Afrique face aux menaces de prédation : cohésion de groupe améliorée, ou chez les bonobos (très fréquent), les babouins ou les macaques rhésus, notamment en cas de changements hiérarchiques ou de conflits : pardon de le dire comme ça mais "un petit coup, et ça repart", avec même des alliances plus solides, et à l’arrivée, l’étude l’explique aussi : une meilleure survie et plus de reproduction, oui oui.

À écouter aussi

Des résultats qui ne peuvent pas être transposés aux humains, ni détournés de façon abusive

Ces résultats pourraient-ils être reliés à nos comportements à nous, primates humains ? Non. Les chercheurs précisent bien qu’il est "crucial de se prémunir contre toute mauvaise interprétation ou utilisation abusive de (leurs) résultats".

"Notre étude n'aborde pas l'orientation sexuelle, l'identité ou l'expérience vécue des personnes. Notre objectif était de documenter les facteurs sous-jacents à la diversité comportementale chez les animaux, et non de justifier ou d'expliquer les identités humaines ; nous rejetons explicitement toute utilisation de ces résultats pour cautionner la discrimination ou minimiser les expériences LGBTQ+".

Au moins c’est bien clair.

L'équipe

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