Arte rend hommage à David Bowie, dix ans après son décès. Avec notamment la diffusion d'un excellent documentaire "Dernier acte" dans lequel est disséqué le processus créatif de l'artiste.
"J’aimerai croire que mes actions ont changé le monde de la musique. N’oubliez jamais que si vous avez commencé ce métier, c’était parce qu’il y avait quelque chose en vous sue vous souhaitiez exprimer pour mieux vous comprendre et mieux comprendre votre place dans la société". David Bowie, dont la voix s’est éteinte il y a 10 ans.
Dix ans sans Bowie sur la planète musique, c’est beaucoup. Alors on s’accroche aux témoignages des proches recueillis par le réalisateur Jonathan Stiasny. On fredonne ses chansons. On repense à sa poésie et à ses prestations. Comme en 1971, au festival de Glastonbury. La musicienne et actrice Danna Gillespie se rappelle : "Les concerts prenaient de plus en plus de retard. L'organisateur a dit à David qu'il allait devoir jouer à 5h du matin. Je ne sais pas où il a passé la nuit, mais lorsqu'on est revenu le lendemain de très bonne heure, il était sur scène. Et à ce moment précis, le soleil s'est levé derrière la colline. C'était absolument parfait". La voix de Bowie interprétant Changes est sublime. Et le public séduit.
Expérimenter
Le documentaire devient une exploration du monde musical de Bowie, sans volonté d’exhaustivité. La période berlinoise de l’artiste, par exemple, n’est pas évoquée.
Le film s’attache surtout à mettre en valeur la créativité si dense de Bowie, créativité décryptée par Moby qui a travaillé avec lui : "J'ai expérimenté énormément d'instruments et de genres musicaux différents. Mais d'un point de vue professionnel, c'est l'une des choses les plus stupides que l'on puisse faire. Si vous réfléchissez en terme de carrière, il vous suffit de trouver un son qui marche et de s'y tenir. En revanche, dès lors que vous commencez à expérimenter, il faut savoir que les gens vont s'énerver, et se désintéresser de vous. Mais vous continuerez à écouter vos envies parce que vous êtes animé par l'amour de la nouveauté et des expérimentations sonores. De toute évidence, les priorités de David étaient de se dépasser et d'expérimenter".
Inventer et devancer. Il y a chez Bowie un côté visionnaire, un « prophète de la culture » comme le définit le DJ britannique, Goldie.
En 1999, pendant que le monde s’inquiète du bug de l’an 2000, Bowie lui, évoque avec lucidité le futur d’Internet : "Nous n’avons vu que la partie émergée de l’iceberg. Selon moi, ce que Internet va apporter à la société, en bien ou en mal, est inimaginable. Nous sommes à l’aube de quelque chose D’à la fois exaltant et terrifiant".
Portrait nuancé de David Bowie
On aurait aimé que ce documentaire ne finisse jamais. On aurait aimé entendre encore ces musiciens disséquer la planète mystérieuse Bowie. Entendre encore ses titres. Et sa voix. Cette voix si puissante qui embrase son dernier album, "Blackstar" sorti le 8 janvier 2016. Deux jours avant sa mort.
Ce documentaire intitulé Dernier acte est remarquable par sa nuance. Bowie y apparaît avec ses fragilités, ses travers, son ego capable de le faire pleurer pour une mauvaise critique. Mais avec aussi son génie et sa légendaire élégance.
Dernier acte sera diffusé le 16 janvier et sera disponible sur arte.tv où d’ores et déjà d’autres programmes en hommage à David Bowie sont disponibles, notamment "Heros never die", une session de huit reprises par des artistes anglosaxons et français.
France Inter rend également hommage à David Bowie dans « Very good trip », l’émission de Michka Assayas, consacrée toute cette semaine, à l’artiste. Michka proposera également une Masterclass Bowie.
L'équipe
- Journaliste et productrice
