Détail de l'affiche d'"Anaconda" avec Paul Rudd, Jack Black, Daniela Melchior - Tom Gormican
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L'histoire de deux quadragénaires du cinéma qui décident de réaliser eux-mêmes ce remake, avec une équipe de bras cassés et un budget dérisoire. Si le concept semble prometteur sur le papier, les avis des critiques du Masque et la plume sont loin d'être unanimes.

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Les deux zozos embarquent, caméra et une équipe de bras cassés dans la jungle amazonienne pour commencer le tournage. Ce long-métrage de 2026 n'est pas un remake du film culte (ou nanar) de 1997 avec Jennifer Lopez et Ice Cube...

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Florence Colombani : "Un film accablant"

"C'est vraiment un film accablant, de cet accablement qu'on ressent quand quelqu'un essaie de vous faire rire et n'y arrive pas", tranche la critique au Point. Pour elle, le film souffre d'un handicap de départ majeur : "Il faut l'avoir vu, au moins en avoir entendu parler, pour apprécier l'ironie qu'il y a à vouloir refaire Anaconda." Mais le véritable problème réside ailleurs : "Il n'y a pas une scène drôle." Elle regrette aussi de voir Jack Black, qui fut "un vrai talent du cinéma comique américain" dans Rock Academy, se retrouver "dans cette aventure  assez pénible".

Christophe Bourseiller : "Un film de genre à prendre pour ce qu'il est"

Le chroniqueur à France Inter défend une approche plus indulgente : "Il faut juger les films en fonction de leur genre." Pour lui, Anaconda est "un film pour ados, et dans le genre, c'est plutôt bien fait". Il reconnaît avoir apprécié Paul Rudd "qui joue le rôle d'un acteur ringard avec un cure-dent" et établit un lien avec Soyez sympa, rembobinez de Michel Gondry, où Jack Black "revivait des films". Curieux paradoxe : "J'ai vu le film dans une salle remplie d'ados, et j'étais le seul à rire."

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5 min

Jean-Marc Lalanne : "Débile, mais gentiment débile"

"Le film ne m'a pas tellement fait rire mais il m'a un peu attendri", confie Jean-Marc Lalanne, rédacteur en chef du magazine Les Inrocks. Il salue la performance de Paul Rudd : "C'est assez émouvant de le voir à cet âge de sa vie, un peu fatigué mais toujours aussi touchant." Comme Christophe Bourseiller, il pense au film de Gondry, "une espèce d'apologie de la série Z". Selon lui, Anaconda célèbre "l'activité du cinéma" comme partage : "On peut faire n'importe quoi, une des beautés du cinéma, c'est qu'on le fait ensemble, qu'on s'amuse ensemble."

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Qu'est-ce qu'un grand film ?

Philosophie

3 min

Marie Sauvion : "Un calcul commercial un peu misérable"

La journaliste à Télérama se montre plus sévère. Si elle apprécie les acteurs ("J'ai toujours bien aimé Jack Black et il a des sourcils très expressifs"), elle juge que "le film est à cheval sur tellement de choses qu'il finit par tomber de cheval". La crise existentielle de la cinquantaine ? "Ils n'en font rien du tout." La comédie méta ? "Elle est complètement ratée." Le film d'horreur à grosses bêtes ? "Cet anaconda, ce gros serpent qui est vilain, qui est moche." Elle conclut avec fermeté : "Je pense que c'est vraiment une espèce de calcul commercial un peu misérable", dépourvu de "la sincérité cinéphile qu'il y avait chez Gondry [...] Là, on se fiche de moi."

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