Théophile Sutter, invité de la Matinale de France Inter le 13 novembre 2023 ©Radio France - Grégoire Nicolet
vidéo
Théophile Sutter, invité de la Matinale de France Inter le 13 novembre 2023 ©Radio France - Grégoire Nicolet
Publicité

A l'occasion de la journée "Initials BD, France Inter fête la bande dessinée", Mehdi Maizi accueille Theophile Sutter, auteur de "Carré Man".

Auteur, illustrateur, mais aussi musicien, Theophile Sutter fait partie de ces personnes qui ne s'enferment dans aucune case : que ce soit à travers la bande dessinée et son trait comique et graphique, ou avec sa musique, Theophile Sutter est un poète de l'époque. Dans Carré Man (Hachette), on découvre son personnage, l'acteur le plus célèbre de sa génération, à Los Angeles. Un mec chez qui tout est carré, mais qui pourtant ne tourne pas tout à fait rond... Un ouvrage drôle, déjanté, avec un anti-héros hilarant et attachant.

Publicité

Un artiste aux multiples facettes, façonné par la musique

Si Théophile Sutter s'est fait connaître par le dessin,"La plus grande claque que je me suis prise à l'adolescence, c'était vraiment la musique." Les Beatles, James Taylor, la scène folk de Laurel Canyon... Toute cette Californie fantasmée des années 1960-70 nourrit son imaginaire.

Et parmi toutes ses références, Paul McCartney occupe une place à part : "C'est à la fois un dieu et mon meilleur ami. Je trouve que c'est un mec comme il doit y en avoir tous les 400 ans : un génie musicalement." Au-delà du talent, c'est l'homme qui fascine l'illustrateur : "Il a réussi à garder une forme de simplicité. C'est un mec en or. C'est vraiment un monument." Pour lui, McCartney est devenu "un modèle de vie. C'est ma religion : je suis McCartniste."

De la poésie enfantine à la révélation graphique

Le parcours de Théophile Sutter commence très tôt. À six ans déjà, il écrit son premier recueil de poèmes, sobrement intitulé 1000 ans de prose et de poésie avec Théophile Sutter, mais précise-t-il "C'était un énorme LOL. Cela avait beaucoup fait rire mes parents." Plus tard, à l'école, quand on lui demande quel métier il veut faire, il répond : "Poète." Une vocation précoce qui ne l'a jamais vraiment quitté, même si elle s'exprime désormais autrement : "Tout ce que je fais que ce soit le dessin ou la musique ça passe par les mots. Je me sers du dessin et de la musique pour habiller ce que j'écris."

Son style graphique, lui, s'est cristallisé lors d'une révélation soudaine : "Rue du Cherche-Midi, j'ai eu une vision, je me suis dit : je vais inventer un style qui va être à la fois potache, rigolo, mais qui graphiquement sera méga sharp, comme des logos ou des trucs de design. Je voulais mélanger l'humour, souvent associé à un dessin un peu dégueu, à quelque chose de très propre et très graphique."

Parmi ses influences majeures en bande dessinée, Riad Sattouf occupe une place centrale : "La sensation de découvrir quelque chose d'extrêmement important. C'est lui qui m'a donné vraiment envie de dessiner. J'aime beaucoup sa manière de mélanger de la fiction, de la fantaisie avec quelque chose de politique et descriptif du monde dans lequel on vit."

"Carré Man" : dix ans pour raconter Hollywood

Son nouvel album Carré Man raconte l'histoire d'une star hollywoodienne milliardaire et narcissique... qui est un carré. Un projet né par hasard il y a dix ans : "Ce personnage est né complètement par hasard lors de mes études. Il y avait un cours d'animation où il fallait animer un carré. J'ai imaginé la vie hors champ de ce carré, une sorte de star."

Ce fils de directrice de revue et de psychologue a attendu le bon moment pour sortir ce projet qui lui tenait à cœur : "J'attendais d'avoir un peu que ce soit le bon moment, parce que c'était un projet plus risqué. Je voulais être suffisamment confiant pour me lancer." L'album explore son fantasme californien : "La Californie et Los Angeles, c'est un endroit où je n'ai jamais mis les pieds mais qui me fascine complètement. J'avais envie de traiter la Californie comme un monde imaginaire, quelque chose d'assez onirique."

Cette obsession pour une Amérique rêvée transparaît dans chaque détail de l'album, des couleurs (pantones orangés et violets évoquant les couchers de soleil) au morceau "Allez à LA" accessible via QR code. Pour cet artiste qui vient de devenir papa d'une petite Céleste, créer reste avant tout une affaire de plaisir et de liberté : "Ce que je préfère quand je crée, c'est d'être surpris par ce que je fais, de me dire 'ah j'aurais pas pensé faire ça un jour'."

Pour en savoir plus, écoutez l'émission...

L'équipe

pixel